La rectrice a
justifié sa politique lundi. Yves Durand et Gilles Pargneaux n'ont pas tardé à réagir. PHOTO STÉPHANE MORTAGNE
La rectrice a eu l'occasion d'expliquer sa politique dans nos colonnes mardi. Les 1 020 suppressions de postes à la rentrée prochaine, elle les justifie point par point. Sans convaincre le Parti socialiste, on s'en doutait. ...
Lequel a convié la presse. Yves Durand, l'un de ses MM. Éducation, a dépeint Marie-Jeanne Philippe en « militante zélée du sarkozisme ». Ce qu'on avait déjà entendu. En revanche, Gilles Pargneaux, député européen et secrétaire fédéral du parti, est allé un peu plus loin. Déclarant :
« Madame le recteur a dégradé la fonction de recteur. Elle s'est comportée en militante UMP, en sarkoziste de service. C'est
incroyable, incroyable ! »
Et de poursuivre : « Jamais, de droite comme de gauche, on n'avait eu une militante partisane comme c'est le cas aujourd'hui. »
Yves Durand acquiesçant, en souriant : « Ce que dit Gilles est toujours vrai. »
À la remarque : la rectrice explique l'essentiel des suppressions de postes, notamment dans le premier degré et les lycées professionnels, par une baisse d'effectifs, Yves Durand réplique, incisif :
« Elle avait l'habitude de supprimer des postes, maintenant elle supprime des élèves. Les baisses d'effectifs, ce sont des élèves de deux ans plus comptabilisés, et des élèves des lycées professionnels qui abandonnent l'école car l'académie supprime des filières. »
Citant en exemple : « L'an dernier, à La Bassée, une filière fermait.
On a dit aux élèves que la même existait à Lens. Pensez-vous que tous y sont allés ? Non, et aujourd'hui, ils ont arrêté l'école, sont dans la nature et font baisser les effectifs... »
Pour conclure, le député-maire de Lomme est revenu sur la dernière polémique en date : le 8 février sera examinée à l'Assemblée la proposition de loi du député UMP Jacque Grosperrin où la formule « la formation des maîtres est assurée par les IUFM » est remplacée par « elle est assurée notamment par les universités ».
Tollé dans les milieux de l'Éducation qui y voient un cadeau aux officines privées. Le député dément, explique que le « notamment » cible des établissements non universitaires, comme l'École normale supérieure de Cachan... Bref, il ne faudrait pas y voir malice. Les syndicats pourraient dire ce qu'ils en pensent en marge de la grève du 31 janvier. •
Le Président-candidat se livrera dimanche à une monopolisation des antennes de télévision sans
précédent depuis la fin de l’ORTF.
L'intervention de Nicolas Sarkozy sera en effet diffusée à 20h10 pendant une heure sur TF1, France 2, TV5, I télé, BFM, LCI ainsi que sur les chaînes parlementaires…
C’est une habitude prise depuis 5 ans par Nicolas Sarkozy de réquisitionner l’audiovisuel public comme privé au service de sa communication.
Comment ne pas s’alarmer de cette anomalie démocratique ?
Elle ne semble pourtant pas émouvoir le Conseil supérieur de l'audiovisuel, alors que la France se retrouve aujourd’hui à la 38ème place des pays respectant la liberté de la presse, selon le dernier classement établi par Reporters Sans Frontières.
Le Parti socialiste condamne à nouveau cette dérive qui est la marque d’un quinquennat où, changement du mode de nomination des responsables de l’audiovisuel public aidant, Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de vouloir vassaliser les médias.
A moins de trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, le Parti Socialiste demande solennellement au CSA de sortir de son silence et de s’exprimer clairement dans le cadre des missions que lui a dévolues la loi, sur les actions qu’il compte entreprendre face à un candidat non déclaré qui abuse de manière aussi manifeste de son statut de Président.
C'est une drôle de campagne que celle de Nicolas Sarkozy. A peine élu, il demandait à être jugé à l'issue de son mandat.
Celle-ci arrive, et le voici emballé par une fausse agitation après 18 mois d'immobilisme incroyable à l'égard des urgences du pays. Tout juste fut-il contraint de se montrer sur quelques
scènes européennes face à la nouvelle crise financière européenne et française.
Il fait campagne, mais sans le dire. Il s'énerve, mais tâtonne. Il stresse ou inquiète les autres, mais ne change
rien.
Jeudi 26 janvier, il avait envoyé « le-meilleur-d'entre-eux», le rigoureux Alain Juppé, débattre face à François
Hollande. Le résultat fut détestable.
Sarkozy candidat hésitant
Il serait faux de considérer que l'actualité internationale l'occupe à temps plein.
Au contraire, il est même étrangement absent. La perte du Triple A chez Standard and Poor's l'a même éjecté de la scène
européenne. Certes, il assistera à un micro-sommet à trois, lundi à Bruxelles, avec l'italien Mario Monti et Angela Merkel. Mais le Monarque ne fait désormais plus que de la figuration. Mercredi à Davos, on n'a entendu qu'Angela Merkel réclamer davantage de fédéralisme européen. Cette dernière position est loin de faire
sourire Nicolas Sarkozy. Il grimace en silence, lui qui préfère parler de « convergence » entre Etats. La chancelière « triple A » s'offrit même le luxe d'une interview dans 6
journaux européens (Le Monde, Süddeutsche Zeitung, The Guardian, La Stampa, El Pais et Gazeta Wyborcza).
Depuis début janvier, Nicolas Sarkozy ne s'épargne aucune cérémonie de voeux un peu partout en France. A chaque fois,
l'intervention est brève - les discours n'excèdent pas 40 minutes pour les plus longs -, mais le déplacement mobilise l'Elysée tout entier. A chaque fois, Nicolas Sarkozy préfère tacler l'une
ou l'autre des propositions du candidat Hollande. Ses véritables annonces pour l'année sont rares, et pour cause. Son horizon politique s'arrête en mai prochain. Tant qu'il n'avoue pas sa
candidature, impossible de revendiquer quoique ce soit au-delà.
Dimanche, il a mobilisé pas moins de 6 chaînes de télévision pour de « grandes annonces ». N'est-il pas déjà
fatigué de ces moments à répétition qu'il nous promet « décisifs », qu'il s'agisse de sommets étrangers ou élyséens, d'interventions ou d'annonces ?
Pris à partie par quelques députés de l'opposition, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel s'est résolu à décompter au moins partiellement le temps de parole de Nicolas Sarkozy lors de sa
prestation de dimanche, dans deux cas de figure s'il cause de son bilan ou ou des « mesures d’un possible programme ».
Le candidat Sarkozy a même réactivé sa page Facebook. Il espère que les quelque 600.000 fans seront autant d'électeurs.
Depuis quelques jours, il multiplie les messages, rédigés par d'autres, sur sa page « personnelle ». Il veut « reconquérir la toile », s'amuse un journaliste.
L'UMP matraque dans le vide
Certains citoyens, par un biais encore inexpliqué, ont reçu un spam dans leur boîte aux lettre, un courriel de
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP. Ce courriel, adressé à des destinataires non militants ni sympathisants de l'UMP, a été envoyé en masse, « jusqu'à 30% des Français connectés »
précisait France Info, qui révélait le scoop mercredi dernier. Copé ne s'embarrassait pas: « En tant qu'électrice, vous êtes amenée à recevoir des
courriers de partis politiques dont ceux de l'UMP ».
Mardi déjà, quelque 6 millions de tracts avaient été livrés et distribués pour défendre le bilan du Monarque. Les faux
états d'âme de ce dernier avaient ruiné l'effet escompté.
Il a demandé à son fidèle Guéant de mobiliser les forces de l'ordre au « premier quadrimestre 2012 ». Le député socialiste Jean-Jacques
Urvoas a ainsi publié sur son blog une note interne de la Direction générale de la gendarmerie datée du 19 janvier dernier qui enjoint les troupes à se montrer: «
conformément aux orientations données par le ministre de l'intérieur, (...) il convient désormais, et ce jusqu'à la fin du mois d'avril 2012, de valoriser nos actions en externe en matière
de lutte contre les personnes, les cambriolages, les incivilités ». La délinquance violente progresse depuis 2002. Mais les consignes, à moins de 3 mois du scrutin présidentiel, deviennent
bizarrement plus orientée à l'égard des forces de l'ordre.
Cette manoeuvre est grossière et indigne.
Ses sbires racontent toujours n'importe quoi
C'est la mauvaise foi en action. Mercredi 25 janvier au matin, Laurent Wauquiez accusait François Hollande de mauvaise
gestion en Corrèze, dont il préside le conseil général: « François Hollande a augmenté en Corrèze les impôts de la Corrèze cette année de 12 %! ». Le ministre de l'enseignement supérieur,
toujours très discret sur l'objet même de son boulot, omettait de préciser que la Corrèze était déjà surendetté avant 2008 et le changement de majorité
départementale.
Mercredi, la cellule Riposte de l'UMP faisait encore plus fort: elle publiait le « programme caché de François
Hollande », un florilège de 30 propositions dont l'essentiel figuraient... dans le programme d'autres candidats ou d'autres documents sans rapport avec le programme ni les déclarations du
candidat ou, pire, étaient totalement inventées. Les journalistes Guillaume Launay et Cédric Mathiot de Libération, sur leur blog
Desintox, n'en revenaient toujours pas: « Les trente points listés sur ce tract trouvent leur matière dans le procès d'intention, l'amalgame ou le mensonge pur et
simple. Eviter de débattre du projet de l'adversaire pour s'échiner à débiner un fantasme de projet : le degré zéro de la politique.» Ils n'avaient trouvé qu'une mesure (sur trente
!) correctement énoncée.
Jeudi, la présentation par François Hollande de ses 60 propositions fut l'occasion d'une nouvelle salve de n'importe quoi.
La ministre du Budget accusa: « C'est un projet qui met le modèle social en péril, la crédibilité de la France en péril et qui menace
les Français ». Pourquoi ? Parce que le candidat a promis de réduire les avantages fiscaux ou sociaux des plus fortunés en période de crise ... Pourtant en charge du budget, elle refusa de commenter
les hypothèses de croissance du candidat socialiste qui sont plus prudentes que celles du gouvernement. Ses deux attaques furet concentrées et sans preuve ni chiffrage contre la « réforme
de la réforme » des retraites et les dépenses publiques. Elle accusa Hollande d'aggravé de 5 milliards d'euros le déficit des retraites si on autorisait ceux qui avaient commencé à bosser
avant 18 ans mais cotisé 41 ans et demi à partir en retraite. Elle ajouta 15 milliards d'euros de déficit supplémentaires si la retraite à 60 ans s'ouvrait aussi à celles et ceux ayant cotisé
41 ans depuis 19 ou 20 ans... En quelques phrases et quelques bourses, Valérie Pécresse venait de confirmer la profonde injustice de la réforme Sarkozy: celles et ceux qui ont commencé à
travailler et cotiser avant 20 ans supporteraient l'essentiel de la réforme Sarkozy.
Jeudi soir sur France 2, Nicolas Sarkozy avait envoyé son ministre des affaires étrangères Alain
Juppé, débattre avec François Hollande. Ce satané candidat socialiste venu de nulle part a dissous l'ancien premier ministre de Jacques Chirac.
Le « meilleur d'entre eux » s'est agacé, énervé devant la précision du candidat
socialiste.
Fichtre!
La prochaine fois, Nicolas Sarkozy devra y aller tout
seul.
Quelle ignominie.
PERMANENCES
La Section socialiste d'Anzin,informe que les permanences
se tiennent les mardi et samedi de 10h à 12h .
Local : 6 Place Roger Salengro.