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Blog de la section PS Anzin

Affaire Woerth: recherche, désespérément Badinter de droite...

8 Juillet 2010 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Information

Affaire Woerth: recherche, désespérément Badinter de droite...

Daniel Bernard - Marianne | Jeudi 8 Juillet 2010


C'est l'évidence : pour sauver la droite à l'heure de l'affaire Woerth, il fallait une grande conscience, un Badinter de droite. Daniel Bernard s'est trituré les méninges avec Etienne Pinte pour la trouver... Bel effort, mais un peu vain.



On ne se bouscule pas aux portillons de la morale, à droite, par les temps qui courent. Mercredi 7 juillet dans le Figaro, c’est encore Gérard Longuet qui est allé le plus loin, moins par moralisme que par souci de préserver l’avenir : «En politique, on est désormais dans la norme Iso 9000, c’est-à-dire la qualité totale. Tout le monde doit être parfait. Le monde politique n’en est pas encore là», déclare le patron des sénateurs UMP. «Ce qui est en cause, poursuit ce libéral d’acier trempé, ce sont les happy few qui donnent l’impression de s’exonérer du devoir d’effort. C’est le retour des «gloutons», les footballeurs qui ne font pas leur boulot, les rémunérations excessives de quelques uns, les personnes qui parlent avec le ministre alors que d’autres ne parlent qu’à leur percepteur».

Mais ce genre de déclaration de bon sens se trouve être aussi incongrue que les cerises en hiver. A ce titre, une autre interview détonne sacrément. Banals, les propos du député UMP Etienne Pinte, ne le sont qu’en apparence ! Faut-il interdire le cumul des fonctions de ministre et de trésorier ?, interroge la Croix. «Cela devrait être naturel !, répond l’élu des Yvelines qui fut, de 1997 à 2000, trésorier du RPR.  Il n’y a pas besoin de loi, de règlement pour ça. C’est une question de déontologie, mais aussi de lucidité».

Autre question de bon sens : Nicolas Sarkozy a dit aux députés qu’il allait remanier cet automne. Est-ce une réponse suffisante ?«Non, répond Etienne Pinte. Il fallait montrer qu’il avait pris la mesure de ces dérives et couper la tête à quelques-uns pour que nous puissions passer à autre chose».

Ancien maire de Versailles, Pinte est le nec plus ultra de la droite comme-il-faut. Mais ses collègues de la majorité le perçoivent désormais, selon ses propres termes, «au mieux comme un canard sauvage, au pire comme un gauchiste». Avant l’affaire Woerth-Bettencourt, ce catholique bon teint s’était déjà distingué en se tenant, contre le ministre Eric Besson, aux côtés des immigrés menacés d’expulsion. Dans ce combat, il avait pu éprouver l’ivresse de la solitude.

«Aucun de mes collègues ne m’a reproché mes propos, affirmait Pinte, mardi, à l’issue de la réunion du groupe UMP. Mais aucun ne m’a encouragé non plus. Je le vois, ils sont gênés». Le combattant solitaire aurait bien aimé, pourtant, qu’une « grande conscience de droite » vienne à sa rescousse. Simone Veil ? «Elle a raison de souligner que le harcellement subi par Eric Woerth est indécent, mais elle donne, dans sa tribune Halte au feu, coisignée avec Michel Rocard, l’impression de défendre le système actuel», commente le député des Yvelines.

Les anciens présidents de la République, Giscard ou Chirac ? Les diamants de Bokassa et les emplois fictifs du RPR interdisent à ces deux-là de donner des leçons d’incorruptibilité.
Les ex-premiers ministres Balladur, Juppé, Raffarin ou Villepin ? Cette génération s’est trop bien accommodée des zones grises du financement politique pour en appeler à la morale.
Jean-François Copé, l’étoile montante, s’est noué un fil à la patte en devenant avocat d’affaires, tout comme les dignitaires UMP Dominique Paillé et Frédéric Lefebvre. Le président Bernard Accoyer dort à l’Assemblée nationale et le président Gérard Larcher fait régime maigre au Sénat.
Hélène Carrère d’Encausse ? Jean d’Ormesson ? Denis Tillinac ? Ils ont fait vœu de silence. Johnny Hallyday ? Aux fraises ! Michel Sardou ? Dégoûté. Où sont les autres ? A qui faire appel ?
Ainsi devisait Etienne Pinte, navré mais encore optimiste : «ce n’est pas parce que je n’ai pas en tête le nom du Robert Badinter de la droite qu’il n’existe pas… »

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