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Blog de la section PS Anzin

Belgique : le francophone Di Rupo relève le défi

10 Juillet 2010 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Information

Belgique : le francophone Di Rupo relève le défi

«Il appartient maintenant à chaque responsable politique de faire les compromis qui permettent la formation d'un gouvernement fédéral», a déclaré Elio Di Rupo vendredi à Bruxelles.
«Il appartient maintenant à chaque responsable politique de faire les compromis qui permettent la formation d'un gouvernement fédéral», a déclaré Elio Di Rupo vendredi à Bruxelles. Crédits photo : REUTERS

S'il parvient à former un gouvernement, ce Wallonserait le premier socialiste francophone à diriger la Belgique depuis trente et un ans. 

À la fois socialiste et francophone, Elio Di Rupo n'est pas le pressenti qui s'impose pour gouverner une Belgique tout juste remise de la déferlante indépendantiste flamande. C'est pourtant l'homme que le roi Albert II vient de choisir pour avancer vers ce que beaucoup considèrent comme un cabinet impossible.

Ancien patron de la Wallonie, surnommé «le Régent» pour son art de tirer les ficelles, Elio Di Rupo, 58 ans, n'est pas encore installé au 16, rue de la Loi, siège du pouvoir fédéral. Loin de là. Le roi l'a choisi jeudi soir comme «formateur», ce qui veut dire dans le jargon du palais que le succès n'est pas garanti. Le gouvernement pourrait ne voir le jour qu'à la rentrée, si l'on en croit la classe politique bruxelloise. Ce serait mieux que les neuf mois de marchandages qu'il fallut au démocrate-chrétien flamand Yves Leterme pour former son équipe en 2007-2008.

Quelle que soit la géométrie du gouvernement, son espérance de survie dépendra surtout de la bonne volonté d'un autre homme : Bart De Wever, grand vainqueur des législatives du 13 juin et patron de la puissante NVA flamande. Dans une curieuse complicité des contraires, c'est parce que l'homme fort d'Anvers a choisi de passer la main qu'Elio di Rupo se retrouve à la manœuvre.

 

«Les étapes de montagne» 

 

S'agit-il d'un partage des rôles ? «Les points de vue convergent, dit de Wever, mais pas suffisamment pour composer un gouvernement.» Le chef de la NVA a effectué la mise à plat et fait rapport au roi. Au patron du PS d'engager maintenant «les étapes de montagne», comme l'écrit La Libre Belgique. S'il réussit, Elio Di Rupo serait le premier chef de gouvernement francophone depuis 1979.

Au lendemain des élections, l'alliance contre-nature de l'indépendantiste flamand et du socialiste wallon s'est imposée comme arithmétiquement nécessaire : chacun des deux partis est arrivé premier dans sa région et peut apporter une pierre fondatrice au socle parlementaire du compromis. Les Belges y ont cru d'autant plus facilement qu'ils sont las de l'instabilité et que les deux hommes ont tenu jusqu'ici un discours étonnement responsable.

Quatre semaines plus tard, cette logique commence à s'émousser, la dynamique politique reprend ses droits et le cadeau fait à Elio Di Rupo est peut-être empoisonné. Il s'avère délicat d'accorder la gauche francophone du PS et la droite flamande du NVA sur une réponse commune à la crise économique et sociale. De part et d'autre de la frontière linguistique, le débat fait rage : flamands ou francophones, beaucoup de vaincus du 13 juin sont partagés entre l'entrée au cabinet fédéral et une cure d'opposition jugée salutaire. «Si la victoire de la NVA doit propulser Un Francophone à la tête du cabinet, nous ne sommes pas loin de repartir à l'offensive», commente l'un des grands perdants flamands des législatives. D'autant que ni Bart De Wever ni Elio Di Ruppo n'ont avancé d'un pouce sur le dossier qui a fait exploser les gouvernements précédents : les privilèges linguistiques des francophones de la banlieue (flamande) de Bruxelles. La NVA vient de se refaire une santé électorale en jurant de les abolir. Le PS, lui, ne peut y renoncer sans commettre un suicide politique.

L'affaire ne concerne qu'une toute petite minorité, 1 % des électeurs belges à peine, mais elle est à nouveau révélatrice du malaise. Elio Di Rupo ne deviendra premier ministre que s'il met désormais de l'eau dans son vin. S'il veut avancer vers l'indépendance, Bart De Wever doit se préparer à en faire autant.

Le Figaro.fr
 
Bon courage Elio,tu as tout mon soutien .

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