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Blog de la section PS Anzin

Borloo-Sarkozy : pacsés d'ici le 3 mars ?

22 Janvier 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Présidentielle 2012

Le Point.fr -

Le Parti radical organise un "congrès extraordinaire" le 3 mars prochain pour décider de sa stratégie en vue de la présidentielle.

Borloo-Sarkozy : pacsés d'ici le 3 mars ?

© Sipa

  • Officiellement, Jean-Louis Borloo n'a pas encore fait son choix entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou. D'ailleurs, moins il en dit, mieux il se porte : "L'élection présidentielle n'est pas la plus importante. C'est celle des législatives qui est décisive...", explique-t-il, depuis une semaine, à qui veut l'entendre. Mercredi, à Jean-Jacques Bourdin sur RMC, ou encore ce matin sur France Info, il l'a martelé : "Ce sont les législatives qui décideront du gouvernement... et du chef du gouvernement." Celui qui estime que Nicolas Sarkozy "regrette son novembre 2010"* - Borloo avait quitté le gouvernement après avoir attendu, des mois durant, sa nomination à Matignon - devra pourtant bien soutenir un des deux candidats.

On sait désormais que le choix des radicaux, et donc de leur président, sera connu le 3 mars, à l'occasion d'un congrès extraordinaire du parti valoisien, promis par ses cadres depuis le retrait de la course à la présidentielle de leur champion. Le grand raout pourrait avoir lieu au Centre des congrès de Lyon (la réservation de la salle n'a pas été confirmée). Un mois plus tôt, le 4 février, aura lieu la "convention sur le projet législatif" où doivent être présentées les "propositions prioritaires du Parti pour le prochain quinquennat".

Objectif : un groupe puissant au centre-droit

Depuis le renoncement de Borloo en octobre, les cadres du Parti radical ont tenté de maintenir le suspense sur leur choix. Mais tout prête à croire qu'ils soutiendront le président sortant. Car si le parti a rompu son contrat d'association avec l'UMP en 2011, au moment où Jean-Louis Borloo réfléchissait sérieusement à être candidat, seule une petite poignée d'élus ont rendu leur carte UMP depuis ! Les fortes pressions de l'Élysée et du parti majoritaire auront donc eu définitivement raison de leurs envies d'indépendance lorsque l'élu valenciennois s'est platement ôté du chemin de Nicolas Sarkozy.

Aujourd'hui, ils aspirent à constituer à l'Assemblée un "groupe décisif et majoritaire", selon les termes de Borloo, avec leurs "amis démocrates chrétiens, centristes...". Mais après avoir voulu brutalement prendre leur indépendance de la machine de guerre électorale que représente l'UMP, ils semblent opter pour une stratégie plus concertée. "Que Sarkozy gagne ou qu'il perde en 2012, les cartes seront rebattues à droite et au centre. En cas de défaite, l'UMP implose et l'ancienne UDF se reconstitue. S'il y a une victoire, en revanche, elle ne pourra être que courte, et la droite aura besoin d'un groupe modéré et fort à l'Assemblée", explique, en substance, un ancien lieutenant borlooïste.

Borloo, la recette anti-Le Pen et anti-Bayrou ?

Si la plupart des cadres du Parti radical continuent à dénoncer la "dérive droitière" du gouvernement, la remise en selle de Borloo, mardi, à l'occasion du sommet social, rend quasi inéluctable le choix d'apporter leur soutien à l'actuel chef de l'État. D'autant que leur populaire chef de file, qui, du temps de sa candidature potentielle, voulait se positionner comme la "meilleure arme anti-Le Pen", continue à faire figure de contre-poids "modéré" au sein de la majorité. Même son retrait du mois d'octobre lui est utile de ce point de vue, puisqu'il avait, à l'époque, mis en garde contre la montée en puissance de la candidate du FN. Vendredi matin, encore, il alertait la majorité : "Le souverainisme est en embuscade."

Le sommet social tombe donc à pic, pour Borloo, autrefois considéré comme la "fibre sociale" du gouvernement Fillon. La semaine dernière, lors de ses voeux - en présence du ministre des Affaires européennes Jean Léonetti, qui appelle à la renégociation d'un contrat d'association avec l'UMP -, l'ex-ministre de l'Écologie s'était félicité de la tenue d'un tel évènement, qu'il rappelle avoir réclamé depuis plus d'un an. Et côté UMP, on ne risque pas de s'en plaindre : les élus sont en effet de plus en plus nombreux à craindre François Bayrou, qui se veut, désormais, "candidat du peuple", et à voir en Borloo une caution sociale nécessaire au président sortant.

Après le sommet social, la niche Copé ?

L'ex-futur candidat à la présidentielle fait ainsi entendre sa voix avec une facilité déconcertante depuis une semaine, au regard de sa quasi-disparition des écrans radars depuis le mois d'octobre. Dès mardi, il réclamait des moyens pour Pôle emploi, sur BFM TV. Son appel semble avoir été entendu. Il milite bien sûr pour l'accès au logement, un thème qui a largement été mis en valeur à l'issue du sommet, mardi, par Nicolas Sarkozy en personne. En attendant, Borloo, lui, joue les modestes... ou pas : "Je ne demande rien, je ne revendique rien (...) J'essaye de donner un coup de main à ma modeste place... Mais le sommet social, vous lisez Libre et engagé [son livre paru au mois de décembre, NDLR], vous savez à peu près ce qu'il y a dedans...!"

Un regain d'amour accueilli parfois avec amertume au Parti radical : "S'il n'est pas dans le débat aujourd'hui, c'est à cause d'eux !" raille le radical Dominique Paillé, qui attend plus de "gages" de la part du gouvernement : "La suppression de la niche Copé, voilà un véritable effort !" Proche de Xavier Bertrand, Paillé reste prudent sur la question d'un ralliement du parti à Nicolas Sarkozy, insistant sur la "liberté" des militants radicaux, qui, à 93 %, avaient voté pour l'indépendance. Et de préciser que la décision du parti dans son ensemble n'empêchera pas nécessairement toutes ses figures de faire leur propre choix... La tentation Bayrou est-elle réelle, chez les radicaux "d'en bas" ? Les cadres, dont Rama Yade, reconnaissent volontiers le décalage qui existe entre élus et militants. Sans avoir l'air de s'en inquiéter pour autant.

* Le Point, n° 2053

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