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Blog de la section PS Anzin

Cécile Duflot: «Sur le logement social, il est temps d’agir contre les maires qui font le choix d’être hors la loi»

6 Septembre 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Logement

Cécile Duflot, Ministre de l'Egalite des territoires et du Logement, donne une interview dans son bureau du ministère, le 4 septembre 2012.

Cécile Duflot, Ministre de l'Egalite des territoires et du Logement, donne une interview dans son bureau du ministère, le 4 septembre 2012. V.WARTNER / 20 MINUTES

INTERVIEW - Alors qu'elle présente son projet de loi sur le logement social mercredi, la ministre du Logement nous a reçus dans son bureau...

Vous souhaitez porter le minimum de logements sociaux par commune à 25% d’ici 2025 sous peine de sanctions. Certaines communes, pourtant de bonne volonté, n’arrivent déjà pas à atteindre les 20% de la loi SRU (lire encadré)...

On a besoin de cette loi parce que 1.700.000 familles attendent un logement social. En construire est donc une obligation morale. Mais la loi distingue les communes de bonne foi et celles de mauvaise foi. Celles de mauvaise foi devront payer une pénalité cinq fois plus lourde. Il est temps d’agir contre les maires qui font le choix d’être hors la loi.

Certaines communes garderont un taux de 20%. Lesquelles?

Cela dépendra du taux de vacance dans le logement social, du nombre de demandeurs de logements sociaux, du délai pour obtenir un logement social et du niveau des loyers dans le parc privé. Je ne veux pas une application uniforme de la loi. C’est dans les territoires où la demande de logement est la plus forte qu’il est urgent de construire.

Sait-on le nombre de communes qui seront exemptées des 25%?

Non mais elles ne seront pas très nombreuses. Ce qui caractérise mon travail de ministre, c’est de la fermeté sur la volonté politique et de la souplesse, du pragmatisme dans la mise en œuvre pour répondre à des situations particulières.

Vous ne précisez pas quel type de logement social doit être construit par les communes…

Le but de la loi c’est la mixité sociale, il faut donc trouver un équilibre entre les différents types de logement. C’est pourquoi les logements sociaux intermédiaires (le PLS) ne pourront pas dépasser 50% des nouvelles constructions.

L’autre volet de la loi prévoit que l’Etat ou les établissements publics puissent céder, jusqu’à la gratuité, des terrains aux collectivités pour y construire du logement social. Vous annoncez avoir identifié 930 sites. Mais votre prédécesseur Benoist Apparu assure que ces cessions étaient déjà programmées pour 2012-2016…

Il y avait des ventes programmées mais à un coût inabordable pour les communes les plus en difficultés et les plus demandeuses. Aujourd’hui, ce qui coûte le plus cher pour construire des logements ce sont les terrains. Avec cette loi, l’Etat pourra aller jusqu’à donner gratuitement ses terrains pour les logements sociaux. Plus l’opération présentera un caractère social, moins ce sera cher pour la collectivité.

N’avez-vous pas l’impression de dilapider le patrimoine de l’Etat?

Donner à chacun un logement n’est en aucun cas un gaspillage. La construction permet de donner un nouveau souffle au secteur de la construction. Cela permet de créer et maintenir des emplois, cela rapporte de la TVA à l’Etat tout en servant l’intérêt général.

Que comptez-vous faire contre les locataires dont les revenus ne justifient pas leur maintien dans des logements sociaux?

Cette situation a été montée en épingle: seuls 0,4% des locataires des HLM sont concernés. Avec la crise, le problème c’est plutôt l’appauvrissement que l’enrichissement.

Confirmez-vous qu’il y aura un nouveau dispositif Scellier?

Le Scellier s’arrêtera le 31 décembre. S’il doit y avoir un nouveau dispositif, ce qui n’est pas exclu, il aura nécessairement une vocation sociale.

Vous souhaitez à l’avenir réguler les agences immobilières. Pourquoi?

Au printemps, une grande loi traitera de l’ensemble des sujets sensibles dans le logement privé et notamment le rôle des agences immobilières, leur professionnalisme. La concurrence y est parfois sauvage et cela laisse la place à des pratiques contestables pour certaines d’entre elles : responsabilité en termes de conseils, coût de leurs prestations… Certaines travaillent très bien mais se retrouvent parfois en difficulté à cause d’agences qui n’ont pas la même éthique. La régulation profitera également aux professionnels qui pâtissent parfois d’une image dégradée.

Propos recueillis par Alexandre Sulzer/ 20Minutes

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