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Blog de la section PS Anzin

Cette pré-campagne de Sarkozy qui aurait dû mettre Hollande KO

14 Février 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Présidentielle 2012

Cette pré-campagne de Sarkozy qui aurait dû mettre Hollande KO

LE PLUS. La campagne du président-candidat n'a pas encore commencé qu'elle est déjà critiquée, même dans ses rangs. Et pour cause : le Nicolas Sarkozy de 2007, prêt à jouer son va-tout, semble avoir disparu, analyse le "Conseiller", spécialiste en communication qui tient à garder l'anonymat.

> Par Le Conseiller Spécialiste en communication

Edité par Daphnée Leportois  

 

J'ai toujours affirmé qu'une bonne communication comporte une dimension de risque. Ce fut la grande force de Nicolas Sarkozy, en particulier lorsqu'il est parti à l'assaut de la citadelle chiraquienne, puis de l'Élysée. Cette capacité à tout miser sur un coup, sur une situation donnée... C'est cette audace qui aurait pu faire de lui un grand candidat et pourquoi pas, j'ose le dire, un grand président de second mandat après avoir raté le premier. J'étais convaincu que face au risque ultime, celui de tout perdre, il saurait être excellent.

 

Alors qu'il s'apprête à se déclarer, je m'arrête quelques instants sur sa pré-campagne. Ce début d'année était, dans ses plans initiaux, la phase qui permettrait le KO technique contre François Hollande. Les courbes des sondages devaient se croiser en janvier, une marche victorieuse devant suivre.

 

Le président Nicolas Sarkozy et le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande au dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), Paris, le 8 février 2012 (C.GUIBBAUD/SIPA)

N. Sarkozy et F. Hollande au dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), Paris, 8 février 2012 (C.GUIBBAUD/SIPA)

 

Rien n'a marché comme prévu, parce qu'il a déçu comme candidat avant même de l'être officiellement.

 

L'échec de sa pré-campagne, Sarkozy ne le doit qu'à lui-même

 

Sur le fond, qu'aurait pu craindre François Hollande ? Il y a quelques semaines encore, son entourage redoutait de le voir débordé par un président-candidat tout puissant, rassembleur et innovateur à la fois. La gauche craignait que Nicolas Sarkozy profite de ses dernières semaines de pouvoir pour transcender les clivages, se distancer de l'UMP et rompre avec la stratégie de droitisation définie par son conseiller Buisson. Je le lui avais d’ailleurs recommandé.

 

Bref, redevenir le Nicolas Sarkozy opportuniste de 2006-2007, pas uniquement l'éternel candidat anti-système, mais celui qui, en dynamitant le camp d'en face, n'oublie jamais de dynamiter le sien.

 

Les signaux étaient très clairs : on attendait une révolution sociale avec le sommet social de janvier, redouté par l'entourage même de François Hollande. On attendait également des mesures sociétales choc : le président-candidat devait brouiller les repères de la gauche par des mesures d'avant-garde, à haute portée symbolique, comme le mariage homosexuel. "Libération" doit amèrement regretter sa une, alors que j’avais là aussi démontré la supercherie !

 

On pouvait imaginer des mesures variées, acceptables par la droite et chassant sur les terres de la gauche : par exemple une grande loi sur l'égalité immédiate hommes/femmes, ou l'abaissement de l'âge de la majorité.

 

Nous pouvions même espérer un président capable de rompre avec lui-même : pourquoi pas dix jours sans aucune apparition médiatique ni la moindre image, une retraite en province pour "ressentir le pays" ? Rien de tout cela : toujours les mêmes images d'un président-candidat, semblables à celles de 2007, la lassitude sur les visages en plus.

 

Nicolas Sarkozy visite la centrale nucléaire de Fessenheim dans l'est de la France, le 9 février 2012 (ALFRED/SIPA)

Nicolas Sarkozy visite la centrale nucléaire de Fessenheim dans l'est de la France, le 9 février 2012 (ALFRED/SIPA)

 

Nicolas Sarkozy est l'unique responsable de l'échec de sa pré-campagne. Le seul point – non des moindres – qui soit imputable directement à François Hollande est l'échec de l'édification de la statue de "Capitaine Courage", seul à pouvoir tenir la barre dans la tempête. François Hollande a en effet réussi, par son interview à "Libération" (son "Je suis le prochain [président]" lui a pourtant été énormément reproché), par son discours du Bourget, par son débat avec Alain Juppé, à déboulonner le mythe en construction de l'absence d'alternative.

 

In fine, c'est un chef de clan, se réfugiant sous les lambris de la salle des fêtes de l'Élysée pour une communication ultra-sécurisée qu'a eu face à lui le candidat socialiste.

 

Et Nicolas Sarkozy clôt cette pré-campagne par une interview au "Figaro Magazine", sur le thème des valeurs de droite. On voit la logique : c'est celle du "au premier tour on rassemble son camp", propre à un scrutin à deux tours. Certes, mais ce principe veut que l'on rassemble "tout son camp", pas "que son camp"... sauf lorsqu'il nous échappe.

 

Le Nouvel Observateur 

 

"Le Conseiller"

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