Pour le dixième mois consécutif, le chômage a augmenté en France. Pôle emploi a fait état de 6 200 chômeurs supplémentaires en février (catégorie A – demandeurs d’emploi n’ayant pas du tout travaillé dans le mois). En ajoutant les demandeurs d’emploi ayant une activité réduite (B et C), le nombre de demandeurs d’emplois progresse de 20 400 en février, ce qui amène à un total de 4 278 millions de personnes.

 

Parallèlement à cette augmentation du chômage, le budget pour l'emploi de l'Etat a chuté de 40% en 10 ans et de 10,5% pour la seule année 2010 et 11,3% en 2011. 

 

L'indécence du président sortant

 

Malgré cela, le candidat sortant s’est réjoui, le 27 mars, d’une " amélioration de la situation "alors même que selon l’Insee, le chômage devrait continuer à augmenter au moins jusqu’au mois de juillet. Pour maquiller son échec, Nicolas Sarkozy utilise pourtant toutes les ressources de l'Etat : au 6 mai 2012, soit au début du cinquième mois de l'année, 56% de l'enveloppe annuelle prévue pour des contrats aidés aura été dépensée (plus d'informations par ici).

Le 26 mars, sur France Info, Nicolas Sarkozy a tenté de minimiser les chiffres du chômage de février 2012:

 

 

Le 26 mars, Segoléne Royal a réagi à l'annonce des chiffres du chômage de février sur Radio Hollande. Selon elle, "1 000 chômeur de plus par jour est la réalité de ce quinquennat". 

 

 

Depuis mai 2007, le nombre d’inscrit à Pôle emploi (toutes catégories confondues) a augmenté d’1,05 million.

Le taux de chômage est de 9,4 % en métropole alors qu’il était de 8,1% en mai 2007. Nicolas Sarkozy s’était engagé à le ramener à 5%, affirmant que son quinquennat devrait être jugé sur cette promesse.

 

« Si on s’engage sur 5% de chômeurs et qu’à l’arrivée il y en a 10 c’est qu’il y a un problème ». La conclusion est donc le constat d’échec du quinquennat de Nicolas Sarkozy. L’argument de la crise ne peut pas, seul, expliquer cette hausse du chômage. L’Allemagne a, par exemple, un taux de chômage inférieur à celui d’avant la crise. Les politiques menées par président sortant sont donc également à mettre en cause.

 

Le décryptage

 

Guillaume Bachelay, responsable du pôle veille, argumentaires et riposte de la campagne, et Eric Heyer, économiste à l'OFCE, décryptent l'échec de la politique de l'emploi du président sortant et présentent les mesures de François Hollande pour l'emploi, le 27 mars sur Radio Hollande : 

 

 

Les propositions de François Hollande

 

Contre l'augmentation du chômage, François Hollande a des propositions concrètes:

500 000 "contrats de génération"

Le contrat de générations est un contrat de travail à durée indéterminée qui s'adresse aux jeunes de moins de 30 ans entrant dans l'emploi et aux seniors de plus de 55 ans déjà présents dans une entreprise.

L'objectif pour le quinquennat est de 500 000 contrats de générations. Chaque contrat est conclu entre un jeune, un senior et un employeur. Il coûtera en allègement de charges 4500 euros chaque année sur la base d'un smic pour le jeune et d'un double SMIC pour le senior. L'allègement de charge correspond à l'exonération totale des cotisations sociales pour le jeune et à l'exonération totale des cotisations chômage pour le senior.

Un contrat de générations est conclu sur 5 ans. Les exonérations se feront donc sur 5 ans

150 000 emplois d'avenir 

Les emplois d’avenir sont destinés aux jeunes, premières victimes du chômage et de la précarité. Ils constituent des passerelles nécessaires vers le monde du travail et une première qualification stable, leur permettant une première insertion dans le marché du travail. Ce sont des contrats au SMIC fléchés vers les quartiers populaires et le milieu associatif.

François Hollande s'engage à la création de 150 000 emplois avenir d'ici 2013 afin de relancer la croissance en faisant confiance aux jeunes.

Lutter contre l'emploi précaire

« Les entreprises qui font l'effort d'avoir des salariés en CDI payent une cotisation chômage plein pot et l'entreprise qui utilise de la main d'oeuvre précaire, de l'intérim, du CDD paye les mêmes cotisations chômage. Je propose que les entreprises qui ont le plus grand nombre de leurs salariés en CDI payent moins de cotisations chômage que les entreprises qui ont la plupart de leurs salariés en intérim ou en CDD. »

François Hollande, Le Mouv, lundi 23 janvier

 

Des mesures incitatives seront donc mises en place pour favoriser les contrats à durée indéterminées. Les côtisations chômage augmenteront pour les entreprises qui abusent des emplois précaires.