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Blog de la section PS Anzin

Des enveloppes chez les Bettencourt: des témoins font (un peu) avancer le schmilblick

15 Juillet 2010 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Information

Des enveloppes chez les Bettencourt: des témoins font (un peu) avancer le schmilblick

L'ex-secrétaire d'André Bettencourt et l'ancien maître d'hôtel confortent les déclarations de Claire Thibout.

André et Liliane bettencourt version facteur
André et Liliane bettencourt version facteur
Montage Le Post

Ils ont été entendus les 8 et 9 juillet par les enquêteurs de la brigade financière. Chantal Trovel, l'ex-secrétaire d'André Bettencourt et Pascal Bonnefoy, l'ancien maître d'hôtel du couple Bettencourt, ont raconté les pratiques en vigueur chez ceux qui les ont employés pendant plusieurs années. Le Monde s'est procuré les procès-verbaux de leurs déclarations.


"Je savais que M. et Mme Bettencourt aidaient financièrement des personnes politiques"
C'est ce que Chantal Trovel a déclaré aux enquêteurs. Cette aide serait passée par un système d'enveloppe d'argent en liquide, comme l'avait déjà évoqué Claire Thibout, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, lors de son audition. "Ces enveloppes, elles existaient", explique M.Bonnefoy, le majordome, cité par Le Monde. Les deux témoins ont cependant précisé n'avoir jamais assisté à une remise d'argent en liquide à une personnalité politique.


"Durant les périodes qui précédaient des élections de tous ordres, des personnes qui ne venaient pas d'habitude à la maison demandaient des rendez-vous auprès de M. Bettencourt"
D'après le récit de l'ancienne secrétaire aux enquêteurs, les Bettencourt recevaient de nombreuses visites de courtoisie. Parmi les visiteurs, Chantal Trovel cite les couples Barre, Lellouche, Woerth, l'ancien garde des sceaux Albin Chalandon, le philosophe Bernard-Henri Lévy, Claude Pompidou et Bernadette Chirac. Certaines visites étaient plus intéressées que d'autres. "Je savais que M. et Mme Bettencourt aidaient financièrement des personnes politiques. C'était une évidence que ces personnes venaient pour cela," a raconté l'ex-secrétaire d'André Bettencourt. "Durant les périodes qui précédaient des élections de tous ordres, des personnes qui ne venaient pas d'habitude à la maison demandaient des rendez-vous auprès de M. Bettencourt".


Nicolas Sarkozy aperçu une seule fois
Monsieur Bonnefoy dit n'avoir aperçu qu'une seule fois Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2004. Il a par contre en mémoire "un grand dîner au cours duquel étaient conviés M.et Mme Woerth, M. de Maistre, M. Kouchner et Mme Ockrent". Le repas a eu lieu au début de l'année 2007, selon les dires du maître d'hôtel, qui ajoute: "M.Woerth, je crois que c'est M.de Maistre qui l'avait invité."


"Il arrivait que M. Bettencourt me dise: 'Il est venu vraiment pour ce que je pensais'”
Selon le témoignage de l'ancienne secrétaire de Monsieur Bettencourt, c'est lors d'entretiens discrets et sans témoin que l'argent s'échangeait. "M. Bettencourt avait dans son bureau un coffre contenant entre autres des grosses liquidités. Si une personne venait et qu'il avait la somme qu'elle lui demandait, alors il lui remettait les fonds", a-t-elle expliqué. Chantal Trovel a raconté qu'il était parfois arrivé qu'André Bettencourt lui dise, au sujet d'un visiteur: "Il est venu vraiment pour ce que je pensais".



Une faute d'orthographe, une erreur à signaler ? Une précision à apporter ? Ecrivez à politique@lepost.fr avec votre info ou votre correction et en indiquant l'url du post.


(Source: Le Monde)
 
 

Affaire Bettencourt: de nouveaux témoignages confortent celui de l'ex-comptable

L'hôtel particulier de Liliane Bettencourt à Neuilly-sur-Seine.

L'hôtel particulier de Liliane Bettencourt à Neuilly-sur-Seine. STEVENS FREDERIC/SIPA

POLEMIQUE - Le majordome, une secrétaire et un chauffeur parlent eux aussi d'enveloppes données à des hommes politiques...

Deux nouvelles dépositions dans l'affaire Bettencourt, celles d'un majordome et d'une secrétaire, conforteraient les déclarations de Claire Thibout, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt. Publiées par Le Monde et Mediapart ce jeudi, ces auditions indiquent que les destinataires des enveloppes étaient essentiellement «des candidats qui cherchaient à financer leur campagne».

Les policiers de la brigade financière n'ont, en revanche, pas posé de questions sur l'accusation principale de Claire Thibout, selon Mediapart.

Celle-ci a affirmé que 150.000 euros en liquide ont été donnés à Eric Woerth début 2007 par le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

«Il est venu vraiment pour ce que je pensais...»

Selon le site d'informations, le témoignage de Chantal Trovel, secrétaire personnelle d'André Bettencourt de juin 1997 au décès de celui-ci, en novembre 2007, confirme néanmoins qu'elle savait que «M. et Mme Bettencourt aidaient financièrement des personnes politiques», sous forme «d'argent liquide». «Entre le moment où je suis rentrée au service de M. Bettencourt en 1997 jusqu'à son décès en novembre 2007, durant les périodes précédant des élections de tous ordres, poursuit-elle, des personnes qui ne venaient pas d'habitude à la maison demandaient des rendez-vous auprès de M. Bettencourt. Alors je lui demandais s'il souhaitait recevoir cette personne. Il me disait oui ou non. Lorsqu'il disait oui, il recevait cette personne. Ils s'entretenaient ensemble durant une demi-heure à quarante-cinq minutes. Puis la personne repartait. Parfois, il arrivait que M. Bettencourt me dise:"Il est venu vraiment pour ce que je pensais..." Mais il restait évasif.»

Chantal Trovel raconte encore: «M. Bettencourt avait dans son bureau un coffre contenant, entre autres, de grosses liquidités. Si une personne venait et qu'il avait la somme qu'elle lui demandait, alors il lui remettait les fonds. Mais si M. Bettencourt manquait de liquidités, soit il demandait à Claire Thibout de le contacter, soit il la faisait contacter par moi.»  A la question: «Qui étaient ces personnes qui venaient solliciter M. Bettencourt ?», la secrétaire répondu: «Je ne saurais vous dire. Mais pas des personnalités politiques connues du grand public en tout cas, c'est sûr.»

«Si elle le dit, elle l'a vécu»

Le maître d'hôtel, qui est à l'origine des enregistrements pirates, a également confirmé à la police, selon Mediapart, que «le couple Bettencourt recevaient beaucoup de hautes personnalités, citant notamment le couple Balladur ou MM. Messmer, Druon ou Donnedieu de Vabres. «J'ai également en mémoire un grand dîner au cours duquel étaient conviés M. et Mme Woerth, M. de Maistre, M. Kouchner et Mme Ockrent et un autre couple dont je ne me souviens pas des noms.

 De mémoire, je pense que ce dîner a eu lieu début 2007 mais je ne peux pas être plus affirmatif.»

 

Pascal Bonnefoy ajoute: «Les hommes politiques que j'ai vus sont: M. Balladur, M. Woerth, M. Kouchner, M. Messmer, M. et Mme Chirac, M. Sarkozy (à l'époque il était ministre de l'Intérieur je crois - période de 2002 à 2004 - et je ne l'ai vu qu'une fois).»

Sur les enveloppes d'argent liquide, l'ancien majordome confirme: «Elles existaient, j'en ai d'ailleurs vu une, une fois sur son bureau, papier kraft sans nom.»

Enfin, le chauffeur de André Bettencourt de 1994 à 2004, Dominique G., a confié à Mediapart quelques jours avant son audition par la police que Claire Thibout «n'[était] pas du genre à inventer. Si elle le dit [au sujet des enveloppes], elle l'a vécu.»

C. F.
20Minutes.fr

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