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Blog de la section PS Anzin

Education : l'équipe Hollande juge "attristant" le discours de Sarkozy

28 Février 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Education

Vincent Peillon, responsable Education dans l'équipe du candidat socialiste, a affirmé que Nicolas Sarkozy, en meeting à Montpellier, "méconnaissait ses sujets". Sa proposition de travailler plus pour gagner plus est une "duperie", "décalée" et "improvisée", ont dénoncé les syndicats enseignants.

Vincent Peillon

"Attristant". C'est ainsi que l'équipe de François Hollande a jugé mardi le discours de Nicolas Sarkozy sur l'éducation à Montpellier (lire notre article >Sarkozy propose aux profs de travailler plus pour gagner plus). Nicolas Sarkozy "a été la caricature de lui-même", a déclaré Vincent Peillon, responsable Education dans l'équipe du candidat socialiste sur i-télé et BFM-TV. "C'est quelqu'un qui méconnaît ses sujets", a-t-il ajouté, regrettant notamment que le candidat UMP n'ait "pas parlé de l'école maternelle et primaire (élémentaire, ndlr) pendant 40 minutes" de discours. Interrogé sur la mesure du président candidat d'augmenter de 25% le salaire des professeurs du second degré certifiés volontaires pour faire 26 heures de cours hebdomadaires au lieu de 18 actuellement, Vincent Peillon a répondu que les enseignants voulaient d'abord "de bonnes conditions" de travail, permettant "la réussite de tous les élèves", avant d'avoir une meilleure rémunération. "Ce n'est pas le souci". "Cela ne changera ni les pédagogies ni l'école française". En outre cela ne concernera pas les professeurs du premier degré, a-t-il relevé.

  
Selon lui, sur "les vrais sujets", comme la formation des enseignants, "qui a été supprimée", l'accompagnement des handicapés, les Rased (aide aux élèves en grande difficulté), il n"'y a pas "eu un mot". "Pourquoi faire travailler plus de professeurs ?", a-t-il interrogé. Parce qu'"il manque des adultes dans les établissements", a-t-il répondu, rappelant que 80.000 postes avaient été "supprimés dans l'Education sur le quinquennat". A ce sujet, le responsable a trouvé "bien" la proposition de M. Sarkozy, faite après le meeting, d'exonérer les professeurs des écoles du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. "Ce discours est à oublier très rapidement", a-t-il toutefois conclu.
 
Les syndicats d'enseignants FSU, Unsa et CFDT ont également fustigé à l'unisson les propositions du chef de l'Etat. "Il y a une duperie et une forme de chantage assez injuste", a dit à l'AFP Bernadette Groison, de la FSU, principale fédération de l'éducation. Nicolas Sarkozy "veut faire croire qu'il va donner un coup de pouce aux salaires des enseignants mais ce n'est pas ce qu'il va faire une fois encore", a dit Bernadette Groison, en rappelant que "le président de la République avait promis en 2007 une revalorisation du salaire qui n'est pas venue". En outre, cette proposition "laisse à penser que les enseignants ne feraient que 18 heures de cours mais pour faire cours, il y a du travail autour : préparation, accompagnement, vie de l'établissement...", a-t-elle souligné.

"En décalage avec la réalité"


Enfin, comme c'est sur la base du volontariat, "rien ne nous dit que ça concernera des enseignants qui sont dans les établissements ou auprès des élèves qui en ont le plus besoin", a ajouté Mme Groison. Pour Patrick Gonthier de l'Unsa-Education, Nicolas Sarkozy est "en décalage avec la réalité parce qu'il y a beaucoup de professeurs qui font 21 ou 22 heures, contraints de faire des heures supplémentaires à cause des suppressions de postes et ils sont au-delà des 25%" de hausse salariale proposée par M. Sarkozy.
  
"La dégradation que les enseignants ont subie ne peut pas être compensée par cette mesure de dernière minute, très improvisée", a-t-il ajouté à l'AFP. Cette proposition "ne s'applique pas au premier degré et ne résout rien, alors qu'on sait bien aujourd'hui que c'est là qu'on a un décrochage important et que les difficultés scolaires commencent", a dit Thierry Cadart, du Sgen-CFDT. "On a toujours dit qu'il y avait sans doute des évolutions à mener dans le cadre de négociations, mais ce qui est proposé là est très brutal, même si on parle de volontariat", a-t-il ajouté à l'AFP. Selon lui, "c'est un marché de dupes qu'on donne aux collègues: ‘On va vous payer plus mais vous allez être dans une spirale d'épuisement professionnel'".

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