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Blog de la section PS Anzin

Frédéric Mitterrand: touche pas à mon président!

18 Septembre 2010 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Information

Frédéric Mitterrand: touche pas à mon président!

Pauline Baron - Marianne |


A la veille de la journée du patrimoine, le ministre de la Culture semblait souffrir face aux questions de Jean-Michel Aphatie. Rom, télévision publique, soutien à Jean-Luc Delarue… Il a fait profil bas, slalomant entre soutien au gouvernement et humanisme culturel.



(Dailymotion - Nouvels Obs)
(Dailymotion - Nouvels Obs)
Frédéric Mitterrand possède à l’évidence des dons de funambule insoupçonnés. S’il s’est vanté de « connaître très bien le monde roms, la culture rom » » et d’apprécier « les films de Tony Gatlif », le ministre de la Culture n'a pourtant aucun « état d’âme » sur le démantèlement des camps de roms. « Je déteste l’amalgame qui consisterait à faire croire que la France ferait, je ne sais quelle politique détestable », a-t-il lâché. « Il y a un problème européen. Tous les frontières se sont ouvertes et à juste titre, s’est-il par la suite emmêlé les pinceaux, et il y a un certain nombre de gens qui ne sont pas organisés (?) avec notre vie sociale ». Si le ministre a voulu faire comprendre que les affaires de police n'étaient pas son rayon, c'était parfaitement réussi.

Concernant la télévision publique, qui constitue pourtant son domaine d’intervention, le ministre de la Culture et de la Communication ne s'est pas davantage engagé. Revenant sur la suppression de la publicité en journée sur les chaînes de France Télévisions, il a tout simplement confirmé l’instauration d’un moratoire qui interviendrait sous doute  « en novembre 2011 pour deux ans. On a toujours dit qu’on ferait un point d’étape., a ajouté le ministre. On le fait simplement un peu plus tôt que prévu, deux mois plus tôt ». Ce petit répit pour France Télévisions risque de faire hurler encore plus fort le lobby de la télé privé emmené par Naonce Paolini de TF1, qui vient de lancer une campagne contre la taxe qu'ils continuent de subir tandis que France Télévision continue d'engranger les recettes publicitaires.


Le ministre a donc donné l'impression d'être le simple spectateur de ce qui se passe dans son secteur. Il en va de même concernant la polémique sur la presse déclenchée par la plainte du Monde contre les écoutes illégales dont aurait été victime l'un de ses journalistes. Après avoir botté en touche, c'est-à-dire laissé le soin à la justice de régler cette épineuse question, Frédéric Mitterrand  s'est lancé dans une ode à la politique de son patron : « aucun gouvernement n’a fait autant pour la presse que le gouvernement actuel (…) : une loi de protection des sources qui a été voulue par le président Sarkozy alors qu’il n’y en avait pas avant ». En oubliant de souligner, justement, l'incongruité qu'il y a à violer les lois qu'on a promulguées.

Reste un point sur lequel le ministre a osé prendre position, mais hélas à ses dépens. Frédéric Mitterrand estime qu’une « deuxième chance » doit être accordée à Jean-Luc Delarue, aujourd’hui en difficulté suite à des affaires de drogue. On aurait aimé, à ce stade, entendre Jean-Michel Aphatie, si volontiers justicier avec les politiques, rappeler la cascade de procès prud'homaux auxquels a donné lieu le comportement de patron de Delarue.
Quant à Frédéric Mitterrand, sa psychologie de lynché ne l'incite pas à charger l'animateur... Ce qui ne l'empêche pas de soutenir la suspension du présentateur par la direction de la chaîne. « La décision de Rémy Pflimlin (Ndlr : patron de France Télévisions) est parfaitement juste », a-t-il estimé.
 Autrefois, au temps béni où il présentait des films à la télévision, on sentait l'aisance et le plaisir de Frédéric Mitterrand à l'antenne. Ce matin, on avait l'impression qu'il était de corvée d'Aphatie... 
 
Marianne2

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