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Blog de la section PS Anzin

Gandrange, un des ratés du quinquennat

17 Janvier 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Présidentielle 2012

Gandrange, un des ratés du quinquennat

Février 2008, Nicolas Sarkozy s'engage pour le maintien du site ArcelorMittal de Gandrange. Quatre ans plus tard, une aciérie en ruines symbolise l’action du chef de l’Etat sur ce dossier.

Une faille dans laquelle l'opposition s'engouffre.

Disparue. En déplacement à Gandrange (Moselle) mardi, François Hollande et Martine Aubry ne pourront saluer la mémoire des "promesses de Nicolas Sarkozy". La stèle érigée en 2009 par la CFDT à l’entrée de l’usine ArcelorMittal de Gandrange a été descellée et volée dans la nuit du 7 au 8 janvier.

Dessus, une citation en lettres d’or du président de la République : "Avec ou sans Mittal, l’Etat investira dans Gandrange". Des propos tenus le 4 février 2008 devant 400 ouvriers encore sous le choc de l’annonce de la fermeture de leur usine. Un engagement fort, suivi quelques mois plus tard par la fermeture de l’aciérie, le 31 mars 2009.

Au lendemain de son mariage avec Carla Bruni, l’intervention du chef de l’Etat avait fait grand bruit. Trois semaines après l’annonce par ArcelorMittal de la suppression de 600 des 1.100 emplois sur le site de Gandrange, Nicolas Sarkozy était venu promettre le maintien de l’aciérie. "Je reviendrai moi-même […] pour annoncer la solution qu’on aura trouvée", avait-il lancé. Applaudissements nourris. Les ouvriers retrouvent espoir devant celui qui avait déjà joué le même numéro aux ouvriers d’Alstom, en 2004. Pourtant, aujourd’hui, l’aciérie, laissée à l’abandon, tombe en ruines.

"Le caillou dans la chaussure de Sarkozy"

"Gandrange, c’est, avec la réunion du Fouquet’s, l’une des fautes originelles du quinquennat", sentencie Michel Liebgott, député PS de la Moselle et président du groupe d’études sur la sidérurgie à l’Assemblée nationale. Aux yeux de l’opposition, pas de meilleur symbole des "échecs de la politique industrielle de Sarkozy". "Le caillou dans la chaussure de Sarkozy", confirme Edouard Martin, délégué CFDT au comité d’entreprise d’ArcelorMittal. "Sinon, pourquoi aurait-on volé la stèle que la CFDT avait érigée à l’entrée de l’usine?"

"Gandrange laisse le souvenir d’une double trahison : celle de la famille Mittal qui, pour réussir son OPA sur Arcelor en 2006, avait promis d’en faire sa vitrine sociale et industrielle, et celle de Sarkozy, qui avait promis de sauver le site, comme il avait sauvé en 2004 Alstom", explique Edouard Martin à l’AFP. Le président de la République est bien revenu à Gandrange, en octobre 2009. Une visite surprise, avec quelques annonces en faveur de l’activité dans cette région mais loin de pouvoir tenir la comparaison avec un maintien de l’aciérie.

Engagements à géométrie variable

A l’Elysée, on offre en revanche une analyse sensiblement différente. Le message, repris encore récemment par le ministre de l’Industrie Eric Besson, est clair : les engagements du chef de l’Etat ont été tenus. Lors d’une intervention télévisée en février 2009, Nicolas Sarkozy assurait avoir "tenu promesse", qualifiant de "mensonge[s]" les assertions contraires. Et le président de la République d’égrener trois engagements pris avec ArcelorMittal et suivis d’effets : investissements à hauteur de 30 millions d’euros sur le site de Gandrange, création d’une école de formation aux métiers de la sidérurgie et injection de 10 millions d’euros supplémentaires "en faveur du renforcement et du développement du capital investissement technologique dans le domaine des matériaux".

Des engagements - partiellement tenus selon Libération - distincts de ceux formulés lorsque Nicolas Sarkozy faisait face aux employés du site de Gandrange. Le président de la République fait référence à un communiqué de presse publié par l’Elysée en avril 2008. Exit le maintien du site de Gandrange. Nicolas Sarkozy s’intéressait alors à celui de Florange… aujourd’hui au bord de la fermeture, faute d’investissements massifs pour en assurer la pérennité.

Benoit Vittek - leJDD.fr

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