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Blog de la section PS Anzin

Hollande ne veut pas «céder à la violence»… mais ne cède rien sur le bilan!

3 Mars 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Présidentielle 2012

Hollande ne veut pas «céder à la violence»… mais ne cède rien sur le bilan!

Jeudi 1 Mars 2012 à 23:50


Gérald Andrieu
Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche. En savoir plus sur cet auteur

Après le chahut auquel a eu droit Nicolas Sarkozy à Bayonne, pour les socialistes réunis à Lyon le mot d'ordre était clair : le PS « condamne les violences ». François Hollande lui-même a appelé les Français à ne « jamais » y « céder ». Mais le candidat de la gauche ne s'est pas montré pour autant plus tendre avec le chef de l'Etat et son bilan.


(François Hollande à Lyon - Laurent Cipriani/AP/SIPA)
(François Hollande à Lyon - Laurent Cipriani/AP/SIPA)
«Nous n’avons pas d’éléments de langage », assurent depuis le début de la campagne les membres de l’équipe de François Hollande. Mais hier soir à Lyon, les socialistes avaient à l’évidence sérieusement accordé leurs violons. Une opération déminage après le chahut auquel a eu droit, lors de son déplacement à Bayonne, Nicolas Sarkozy. Lequel s’est empressé d’expliquer que la cohue avait été organisée par des militants PS associés à des indépendantistes basques et que Hollande en portait la responsabilité en annonçant, dit-il, « l'épuration » : « Forcément, ça échauffe les esprits des gens de la base ».

En réponse, les responsables socialistes ont donc servi un discours calibré avant que ne débute celui de François Hollande. Aurélie Filippetti, transformée pour l’occasion en maîtresse de cérémonie, en est venue à expliquer à la tribune que le PS avait « toujours condamné la violence ». Quelques minutes plus tôt, en salle de presse, Delphine Batho offrait exactement les mêmes mots aux journalistes qui l’interrogeaient. Et le principal intéressé, que dit-il, une fois parvenu devant près de 10 000 personnes réunies sous l’impressionnante coupole du Palais des Sports de Gerland : il en appelle à « ne jamais céder à la polémique inutile, à la violence verbale et encore moins à la violence physique ». Une phrase ajoutée à la dernière minute dans son discours.

Souvent Hollande varie, mais ce soir à Lyon, ce sera bien le seul changement auquel il aura concédé. Pour le reste, le candidat socialiste aura déroulé un discours aussi offensif qu’à l’habitude contre le président sortant. « La France a été affaibli depuis cinq ans, a-t-il par exemple débuté (cherchez son regard), parce qu’elle travaille moins, parce qu’elle produit moins, parce qu’elle exporte moins (...) La France a été affaibli parce que les piliers de la République ont été abimés. Parce que l’école de la République a été la victime de l’austérité budgétaire » Et de moquer dans la foulée « le candidat sortant, pris d’une juste repentance » qui désormais « promet qu’il ne supprimera plus les emplois des instituteurs ». « Mais c’est trop tard, le mal est fait », lâche sous les huées le candidat socialiste. Et de sa rhétorique habituelle de poursuivre : « Il invoque la crise pour justifier son bilan, occulter ses erreurs, excuser ses échecs. Il nous demande de regarder vers la Grèce, l’Irlande, le Portugal. Finalement, il se vante de nous avoir évité le pire, mais il nous avait annoncé le meilleur ! » Et de continuer d’une pirouette dont il a use depuis des semaines : « Où est le projet du candidat sortant ? Je le connais : son projet, c’est son bilan ! »

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