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Blog de la section PS Anzin

La parité est mal partie….

5 Juillet 2010 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Information

 

 

  • La parité est mal partie….

    Classé dans : 11 - société — iledere @ 12:00

    Il était attendu depuis 15 mois.

  • L’observatoire de la parité entre les hommes et les femmes renouvelé le mois dernier a été officiellement installé le premier juillet dernier par le Premier ministre François Fillon.

  •  Les 37 membres, sous l’égide de la rapporteure générale Chantal Brunel, ont pour mission de faire progresser la situation des femmes en France. Mais la constitution très contestée de l’observatoire, son manque de moyens, et le désintérêt des pouvoirs publics amoindrissent ses chances de réussite.

     

  • L’observatoire de la parité renaît et n’a plus une minute à perdre. En pleine réforme des retraites et des collectivités territoriales, la parité va mal. L’écart entre la retraite des hommes et celle des femmes s’élève à 38 % alors qu’elles quittent la vie active en moyenne deux ans après les hommes. Une inégalité qui s’explique par la différence ( de 10 à 15 %) de leurs salaires, le temps partiel et les interruptions de carrières des femmes. Sur le dossier des collectivités territoriales, le choix du scrutin uninominal, aux dépends d’un système proportionnel, menace de réduire la part des femmes dans les conseils territoriaux à peau de chagrin : 17% contre 47 % dans les actuels conseils régionaux.

    Les nouveaux membres de l’observatoire de la parité, nommés par le premier ministre pour trois ans, se félicitent donc de pouvoir enfin se mettre au travail. « L’égalité professionnelle et la parité en politique sont des sujets incontournables, explique Françoise Vilain, Présidente de la délégation aux droits des femmes du Conseil économique, social et environnemental . Il n’est absolument pas normal que l’observatoire ait été en suspens pendant plus d’un an ». Pourtant, de nombreuses inquiétudes persistent sur l’écoute que le gouvernement lui réservera.

     

  • L’habitude de la sourde oreille

  • « Je ne m’attendais pas à des miracles, mais je suis très déçue par cette cérémonie où le Premier ministre nous a vendu des reculs pour des avancées ».  Danielle Bousquet, députée socialiste, n’en finit pas d’égrener ses motifs d’inquiétude.  Pas un mot dans le discours introductif de François Fillon à propos de la réforme des collectivités territoriales. « Le choix du scrutin sera définitif avant que l’Observatoire se mette au travail et propose des alternatives».  Le Premier ministre n’a pas,  en revanche,  manqué de  souligner l’avancée que représente à ses yeux la proposition de Chantal Brunel sur la prise en compte des congés maternité dans le calcul des  retraites. « Mais c’est une mesure minime par rapport à l’ampleur des changements qu’il faudrait apporter », estime Olga Trostianski, présidente de la Coordination française du Lobby Européen des Femmes  (CLEF), elle aussi sceptique sur la marge de manœuvre de l’observatoire.

    « Les principes sont irréfutables, mais les réponses dérisoires » ajoute Danielle Bousquet. Pour certains membres de l’observatoire, les dernières propositions de Chantal Brunel sont en décalage par rapport aux enjeux. Le gouvernement avait annoncé des « pénalités  insupportables » pour contraindre les partis politiques à intégrer davantage de femmes.  La rapporteure propose un durcissement des mesures avec un système de quotas d’élues (et non plus de candidates) femmes. Un bon principe… Dont l’application  s’échelonne jusqu’en 2022. « Il faut des mesures beaucoup plus radicales et immédiates», s’indigne Danielle Bousquet, qui qualifie Chantal Brunel d’ « alibi féministe du gouvernement ».

    La rapporteure devra donc montrer son indépendance par rapport à un gouvernement qui depuis des années rechigne à faire de la parité en politique l’une de ses priorités. Jacqueline Panis, sénatrice de la majorité et 1er vice présidente de la délégation aux droits des femmes, reconnaît avoir « beaucoup travaillé au sénat, en particulier sur le mode de scrutin pour les collectivités territoriales. Nous n’avons pas été entendus ». Les nouveaux membres de l’observatoire espèrent cette fois être écoutés. « Nous ne sommes pas là pour préparer les amendements de Madame Brunel », assure Olga Trostiansky. Mais leur indépendance est aussi fonction de la composition de l’observatoire, qui a été très significativement remanié depuis 2009.

    Un observatoire orienté

  • « J’ai vu disparaître de l’Observatoire de la parité des personnes et des associations pourtant importantes et j’en suis très ennuyée ». Geneviève Couraud, Membre du Bureau du Planning familial, association reconduite de justesse, déplore en particulier l’absence du sociologue Michel Bozon et de la politologue Mariette Sineau.  Le précédent observatoire comptait  en effet de nombreux spécialistes en sciences humaines, ainsi que des associations comme Elles aussi et la Fédération Nationale solidarité femmes.  Des postes aujourd’hui laissés à des parlementaires, dont le nombre a considérablement gonflé, passant de 8 à 14 (et le parti de la majorité est très largement représenté).

    Pour Genevieve Couraud, la conséquence est immédiate : « Lors de la cérémonie d’installation de l’Observatoire, j’ai beaucoup entendu parler de famille, de mère, de mono parentalité. Ces thèmes sont importants mais ne sont pas le fond du problème. L’enjeu premier est la parité politique, indissociable cependant des autres domaines.  Lorsqu’on s’y attaque, on touche à l’ensemble des questions qui concernent les femmes. » Pas étonnant d’observer un tel glissement vers ces problématiques dès lors que des personnalités comme
    Jean-Eudes Tesson, représentant du Medef et président de l’association conservatrice Cler amour et famille en sont membres.

    L’observatoire de la parité entre les hommes et les femmes accouchera-t-il d’une souris ? Les membres semblent décidés à faire changer les choses. Tous le répètent : c’est un formidable outil d’observation de la place des femmes dans la vie politique et sociale française. Mais des propositions aux réalisations, l’écart est grand.
     


    par Coline Garré pour “les nouvelles.news”

    Photo : Benoit Granier/Matignon

  •  

  • Encore une fois, le gouvernement déploie sa poudre aux yeux pour installer des reculades partout. Toute initiative de sa part enlève aux français un peu (ou beaucoup) de leurs droits, de leurs gains par les luttes, de leur citoyenneté pour les enfoncer dans une sorte d’esclavage de plus en plus prégnant. Si la majorité actuelle a le temps de défaire tout ce à quoi elle s’attaque, les ruines de notre pays seront immenses.

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