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Blog de la section PS Anzin

La rectrice défend sa « politique »

24 Janvier 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Education

La rectrice bulldozer !!!

La rectrice défend sa « politique »

 

 mardi 24.01.2012, 05:28  - La Voix du Nord

 La rectrice: «Les économies réalisées permettront de revaloriser le salaire des jeunes enseignants...» PHOTO STÉPHANE MORTAGNE La rectrice: «Les économies réalisées permettront de revaloriser le salaire des jeunes enseignants...» PHOTO STÉPHANE MORTAGNE

| EDUCATION |

Depuis l'annonce des 1 020 suppressions de postes à la rentrée 2012, c'est la première fois que la rectrice, Marie-Jeanne Philippe, s'exprime pour défendre sa politique. ...

 

Car « il s'agit d'asseoir une politique et pas simplement d'une répartition des moyens à la calculette ». Moyens d'ailleurs con-stants, du moins le budget. Cette politique poursuivant deux objectifs : « Mieux faire réussir les élèves, et mieux les orienter. » Menée depuis plusieurs années, elle porterait même ses fruits puisque les résultats de l'académie s'amélioreraient. CQFD.

- « Pas davantage d'élèves par classe dans le premier degré. »

Un chiffre : 4 996 élèves en moins. « Cette différence explique à elle seule les retraits de postes du premier degré », est-il écrit dans le dossier de presse.

Explication « essentielle », mais pas unique, concède la rectrice. Les 335 suppressions de postes ont d'autres justifications que cet effritement démographique. On va aussi baisser la scolarisation des « deux ans ». « Mais elle sera toujours de 31 % (contre 34 % cette année et 41 % en 2010), contre 17 % à l'échelle nationale. Et nous n'y toucherons pas pour les écoles en secteur défavorisé. » Et pour les enfants de milieu défavorisé habitant en secteur dit normal ? « On va travailler avec les mairies, quitte à faire du porte-à-porte pour les scolariser. » Enfin, l'autre valeur d'ajustement con-cerne « les enseignants hors classe » : les RASED... « C'était un millefeuille. » Enfin, la rectrice souligne « la stabilisation des taux d'encadrement concernant la scolarisation des élèves à partir de six ans ».

- « Un meilleur taux d'encadrement dans les lycées professionnels. »

La principale érosion de postes : 468 dans les lycées professionnels, serait « essentiellement, à 99 % », liée à un « effet mécanique ». La fin du double flux. Le bac professionnel ne s'obtient plus en quatre ans, mais en trois. Cette année, les terminales sont deux fois plus nombreux. L'an prochain, tout rentre dans l'ordre. Et donc ce supplément d'élèves, quelque 5 000 quand même, va disparaître. Mais elle dément un grossissement des classes. « Au contraire, le taux d'encadrement va légèrement s'améliorer. » Et elle souligne sa « politique volontariste » : « Aujour-d'hui, dans notre académie, trop d'élèves partent en filière professionnelle. » Elle veut inverser cette tendance. « D'autant que 5 % des bacs pros partent ensuite en licence. Et on connaît le taux d'échec. » Questionnée sur la prise en compte dans le second degré des difficultés régionales, elle insiste : « Partout, il y a en moyenne un élève par classe en moins qu'au niveau national. »

- Économies redistribuées et résultats en hausse.

« Les économies réalisées permettront de revaloriser le salaire des jeunes enseignants à 2 000 euros brut contre 1 600 brut jusqu'alors. » Et la rectrice de réitérer cet argument : « Nos résultats s'améliorent ». Au bac : 85,8 % de taux de réussite, soit 0,2 point de plus que la moyenne nationale. Mais aussi en troisième et aux évaluations de primaire. « Et nous étions derniers en matière d'inéquité. Il y a désormais trois régions derrière nous. » Bref, le discours est le suivant : on peut faire mieux avec moins. Pas nouveau. Mais qui n'a jamais réussi à convaincre les syndicats qui, rappelons-le, appellent à la grève le 31 janvier.

LAURENT DECOTTE

 

 

Retour sur le drame d'Éleu-dit-Leauwette
Retour sur le drame d'Éleu-dit-Leauwette

Lors de la conférence de presse sur la rentrée prochaine,  la rectrice est aussi revenue sur le drame d'Éleu-dit-Leauwette, le suicide de Pauline, 13 ans, avec le fusil de chasse de son père. « Nous avons peu communiqué parce que l'enquête est en cours. » Mais hier, Marie-Jeanne Philippe a souhaité défendre l'établissement, en évoquant notamment l'entretien du 1 er décembre entre le principal et les parents au cours duquel le chef d'établissement aurait évoqué les intentions suicidaires de Pauline mais aussi les armes à feu. Précisément ? Celle du papa ? La communication du rectorat a prudemment expliqué que « le chef d'établissement s'est autorisé à parler de la dangerosité des armes à feu aux parents car Pauline avait certainement évoqué la présence d'arme (s ?) dans son entourage ».

La mère scandalisée

Interrogée hier, la maman s'est montrée scandalisée : « Pendant l'entretien, on a parlé de tout ce qui pouvait mettre Pauline en danger à la maison et ailleurs. Elle n'avait jamais parlé d'arme à qui que ce soit, et si elle n'avait pas vécu un calvaire permanent à l'école, elle n'aurait pas eu de pensées suicidaires et il n'y aurait donc eu aucun danger où que ce soit. Le rectorat cherche à reporter la faute sur nous et à nous culpabiliser. » Par-delà ce drame, questionnée sur le fait que quatre ados se soient suicidés récemment, la rectrice a fait remarquer que «  c'était plus l'agence régionale de santé qu'il fallait interroger. Ils sont adolescents avant d'être lycéens ou collégiens ».

Elle a par ailleurs souligné que l'académie formait chaque année 140 enseignants sur la prévention du suicide et se défendait de tout lien avec une baisse de moyens. « S'il y a bien un métier où il y a des créations de postes nettes ces dernières années, c'est celui des infirmières scolaires. »

L. D. et A. H.

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