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Blog de la section PS Anzin

Le Financial Times vole au secours de Francois Hollande

12 Avril 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Présidentielle 2012

Le Point.fr - Publié le 11/04/2012 à 19:10

Par

Le quotidien des salles de marchés estime que l'Europe doit relancer la croissance et ne pas s'en tenir à une austérité mortifère.

François Hollande peut compter sur les Anglo-Saxons pour soutenir une politique de soutien de la demande en Europe.

François Hollande peut compter sur les Anglo-Saxons pour soutenir une politique de soutien de la demande en Europe. © Karine Villalonga / Sipa


    • À ne pas manquer

       Voilà qui ne devrait pas manquer d'être utilisé par l'équipe de François Hollande en cette fin de campagne. Le Financial Times (FT), très lu dans les salles de marchés, a salué dans un éditorial, lundi 9 avril (accès payant), la prise de position du candidat socialiste en faveur de l'adoption d'une stratégie de croissance en Europe.

    pour avoir affiché sa volonté de renégocier le pacte budgétaire impulsé par Angela Merkel, qui met uniquement l'accent sur la réduction des déficits publics, François Hollande pourra compter sur "un nombre croissant de politiciens", favorable à ce véritable renversement de stratégie, se félicite le célèbre quotidien britannique.

    Échec de l'austérité

    C'est que l'austérité généralisée comme seul programme se révèle être une impasse, constate-t-il : "La baisse de la croissance fait baisser les rentrées fiscales" et empêche "les pays de la périphérie" d'"atteindre leurs objectifs de réduction des déficits, malgré un serrage de ceinture sévère". Pire, le ressentiment qu'elle génère parmi la population retient les gouvernements italien et espagnol de se lancer dans des réformes structurelles (marché du travail, dérégulation des professions réglementées...) plus ambitieuses.

    Les marchés, eux, perdent patience. Les taux réclamés pour financer la dette espagnole remontent à vive allure, malgré les 1 000 milliards d'euros déversés sur les banques européennes, espagnoles notamment, pour leur permettre de réinvestir sur la dette de leur État, preuve que les investisseurs ne croient pas dans les promesses sans cesse renouvelées du gouvernement Rajoy de rogner sur les dépenses, quitte à tailler dans l'éducation et la santé pour 10 milliards d'euros supplémentaires.

     Augmenter la taxation du travail en Allemagne

    Le Financial Times appelle donc les Européens à augmenter les investissements, dans une logique proprement keynésienne de relance par la demande. Les pays qui en ont les moyens, comme l'Allemagne, devraient même accroître le volume de leurs investissements publics, tout comme la Commission européenne devrait favoriser des dépenses d'infrastructures à l'échelle de l'Union européenne. Certains à la Commission, comme Michel Barnier, se sont prononcés plusieurs fois en faveur d'une "initiative de croissance européenne", fondée sur l'émission commune d'obligations destinées à financer des projets communs. En vain, pour l'instant.

    L'Allemagne, notamment, fait de la résistance. Elle n'est pas non plus prête à participer à la réduction des déséquilibres entre pays excédentaires et pays déficitaires, une autre solution évoquée par FT pour relancer la machine européenne. Selon le journal, si Rome et Madrid doivent transférer une partie de la fiscalité qui pèse sur le travail vers la consommation pour regagner en compétitivité vis-à-vis de leurs partenaires, Berlin serait bien inspiré de faire l'inverse, ce qui reviendrait à relancer la consommation et à réévaluer le prix des produits allemands par rapport à ceux des pays voisins.

     

    La réticence allemande

    Dans sa tribune publiée dans l'édition du 11 avril, le célèbre éditorialiste Martin Wolf revient longuement sur ce point, pour défendre, lui aussi, un effort partagé entre pays en déficit et pays excédentaires partagés, fustigeant l'intransigeance allemande incarnée par Jens Weidmann.

    Le président de la Bundesbank, banque centrale allemande, estime que l'ajustement doit être exclusivement à la charge des pays en déficit commercial. "Les pays en déficit doivent s'ajuster. Ils doivent s'attaquer à leurs problèmes structurels. Ils doivent réduire leur demande intérieure. Ils doivent devenir plus compétitifs et augmenter leurs exportations. (...) Il est parfois suggéré que le rééquilibrage doit être obtenu (...) en rendant les pays excédentaires moins compétitifs. Cela implique que le poids de l'ajustement doit être partagé entre les pays excédentaires et les pays déficitaires. La question que nous devons nous poser est où est-ce que cela va nous mener ? (...) Pour réussir, l'Europe entière doit devenir plus compétitive, plus inventive et plus productive." (Voir notre interview : La France cancre de l'Europe.)

    Discrètement, le gouvernement allemand assouplit pourtant sa position. Berlin a assumé une augmentation de 6,3 % des salaires de la fonction publique sur 2 ans, ce qui ne devrait pas manquer d'aider à la relance de la consommation des 80 millions d'Allemands. Reste à savoir si un François Hollande président saura les convaincre d'aller plus loin. C'est loin d'être gagné.

    Hollande a une vision stratégique économique, Sarkozy, lui, s'est toujours trompé

    Cela montre que François Hollande a une vision stratégique en matières économique, ce que Nicolas Sarkozy n a jamais eu.
    Rappelons que ce dernier voulait des "subprimes" à la française en septembre 2006 (refus heureusement de Chirac), disait aux britanniques en décembre 2007 ("vous êtes notre modèle, on va faire tout comme vous") et veut s engager dans la voie suivie par Rajoy en Espagne qui se révèle une impasse selon le Financial Times.

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