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Blog de la section PS Anzin

Les magouilles du despote Borloo

14 Septembre 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Sarkoland

Les magouilles du despote Borloo    

 

WITT/SIPA

 

 

 

 

Laureline Dupont
Journaliste politique à Marianne, chargée du suivi de la droite et du centre
   
 

A quelques jours du lancement d’un énième parti centriste, censé regroupé toutes les chapelles ou presque, et dont il prendra la tête, Jean-Louis Borloo tente de remettre au goût du jour un régime digne de la Chine impériale : l’autocratie.

Le tout sans que personne ne bronche.


Le nom n’est pas arrêté mais la décision est prise. Les centristes de droite (Nouveau centre, Parti radical, Gauche Moderne, Alliance centriste) devraient, dans le courant de la semaine prochaine, se rassembler sous une nouvelle bannière. « Et cette fois ça va marcher ! », assure, emballé, Jean-Christophe Lagarde, porte-parole du groupe UDI à l’Assemblée. Pourquoi tant d’enthousiasme ?
« Parce que le problème de leadership est réglé, Jean-Louis Borloo a le plus de notoriété, il prendra donc la tête de cette structure fédérale. »

Triple présidence

     
WITT/SIPA
Entendu. Mais le même Borloo n’assure-t-il pas déjà la présidence du Parti radical ainsi que celle du groupe Union des Démocrates et Indépendants (UDI) à l’Assemblée nationale ? Envisagerait-il de quitter l’une ou l’autre ? « Pas du tout, il va tout garder », certifie sans ciller Rama Yade, ex-sarkozyste devenue borlooïste. Comme le révèle LCP sur son site Internet, Borloo a même adressé une lettre à tous les présidents de fédération du Parti radical pour leur annoncer son souhait de rempiler pour un troisième mandat à la tête du parti. Peu importe les promesses passées, aujourd’hui le leader valoisien n’entend pas laissé la main.
 Lui, le candidat jamais déclaré à la présidentielle 2012, que ses proches dépeignent volontiers comme un « champion de la désorganisation », deviendrait soudain chef de trois structures.
Diantre ! Borloo serait-il un brin despote ?
    Cuisine statutaire
Car pour obtenir sa réélection à la tête du Parti radical, le chef Borloo a dû se pencher sur la question toujours embarrassante des statuts. Selon l’article 14 des statuts du PR, « le président ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». Elu en 2005 à la tête du PR aux côtés d’André Rossinot, et réélu en 2007, Borloo exercerait bien, en cas de victoire, son troisième mandat. Alors pour contourner habilement les règles du jeu valoisien, ce dernier a confié à ses meilleurs stratèges une « mission d’interprétation » des dits statuts. Et la parade n’a pas tardé à fleurir dans les esprits fertiles des manœuvriers radicaux. « Borloo était en place quand les statuts ont été modifiés (ndlr : en 2009), ils ne sont pas rétroactifs, il peut donc encore cumuler un mandat qui sera son deuxième mandat depuis la modification des statuts… La République est belle fille », se marre un cadre radical auteur de cette traduction toute personnelle du texte. 
    Adversaire écarté
Reste enfin la question des adversaires. Borloo ne peut se permettre de se lancer dans la course à sa réélection avec des adversaires sérieux en face de lui. Si Rama Yade croit au retrait spontané de la candidature d’Yves Jégo, seul candidat déclaré pour l’instant, d’autres sont plus sceptiques. Mais là encore, il semble que le patron du PR ait dégotté la solution idéale pour écarter toute concurrence sans froisser les egos. « Il veut monter un shadow cabinet dans le nouveau parti et compte proposer à Jégo de gérer l’opération », livre un boorloïste. Flatté, occupé, l'opposant est maté, espère Borloo. 
 
Et après ? Selon ses proches, cette mainmise étonnante de la part de Borloo sur les trois instances s’explique par un excès de prudence. « Il espère que le nouveau parti fonctionnera et qu’il sera officiellement élu président lors du congrès constitutif qui aura lieu au printemps prochain, décrypte-t-on dans son entourage. Ensuite, il passera la main du PR devenu une coquille vide à Laurent Hénart et la présidence du groupe à l’Assemblée peut-être à Sauvadet qui l’a demandée. Et si ça ne marche pas, il pourra se replier place de Valois où il sera toujours le boss. »
C’est vrai qu’avec les grenouilles centristes, le rassemblement n’est jamais acquis. 

   Commentaires

- Borloo est tout sauf credible

- Ce que je retiens de Borloo lors des derniers rendez-vous avec les Français?:un pauvre type

 

 

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