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Blog de la section PS Anzin

«N’ayons pas peur de débattre du mariage homosexuel»

10 Septembre 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Société

«N’ayons pas peur de débattre du mariage homosexuel»

 

(DORIGNY/SIPA)

(DORIGNY/SIA)

Les Poissons roses - Tribune

La prière universelle du 15 août a relancé le débat sur le mariage homosexuel et l'homoparentalité. Pour le mouvement Les Poissons roses, engagé au sein du Parti socialiste, ces questions ne doivent être laissées aux seules religions.

Il en appelle à une «conversation démocratique».


En signant aux côtés de Michel Rocard la contribution des Poissons Roses pour le prochain congrès du PS, Jean-Pierre Mignard a ouvert une porte au débat au sein du parti. «N'ayez pas peur de l'homosexualité» titrait-il dans sa dernière tribune.
Nous le rejoignons complètement.
 L'amour homosexuel est un fait et un couple de personnes homosexuelles est aussi digne qu'un autre. Trop souvent cantonné aux cercles religieux, ce débat doit avoir lieu à l'échelon national et transpartisan. C’est à ce niveau qu’il convient de susciter cette «conversation démocratique», de nature politique et anthropologique et non pas religieuse. Alors prenons le temps, soyons exemplaires et «n'ayons pas peur» non plus au sein du PS !

La question du mariage entre des personnes de même sexe, de la possibilité de l'adoption ou de la procréation médicalement assistée doit être incluse dans une réflexion plus large sur le mariage républicain et ses fondements, afin que nous puissions partager une vision citoyenne, constructive et apaisée.

La crise actuelle est une crise de passage et une crise de la confiance où la précarité familiale grandissante contribue à saper les fondements de l'identité. Cela concerne tous les couples. Bien sûr qu'il y a une forte capacité de résilience de certains enfants ou époux séparés. Mais cette «liquéfaction» massive de la stabilité des couples est une source incontestable de précarité, surtout chez les plus pauvres. Le pouvoir politique ne peut y rester indifférent. La clé de voûte du mariage républicain est bien cette construction de l'identité permettant à chacun de s'insérer pleinement dans la vie de la cité.

Il faut remettre en lumière ces fondements : l'altérité et donc la valeur éducative de la différence, le métissage contre la tentation de l'endogamie, de «l'entre soi» et bien sûr de l'inceste, toujours en raison de cette même valeur de la différence, et enfin le goût de l'engagement durable. Sans repuiser ensemble aux fondements, impossible de sortir de considérations sur les sentiments privés entre les personnes, qui ne sont pas du ressort du législateur, et permettent de rester trop facilement à la surface des choses. Pourrons-nous nous rejoindre de manière démocratique et sans discrimination sur ces trois piliers ? Saurons-nous mettre en avant des solutions juridiques et fiscales qui puissent protéger et satisfaire l'ensemble de nos concitoyens ?

Afin que nos concitoyens puissent s'exprimer «sans peur», en lien avec des associations familiales, des mouvements politiques ou de défense des droits des personnes homosexuelles, il nous semble essentiel d'ouvrir rapidement des états généraux sur «le mariage républicain, la construction de l'identité et la lutte contre la précarité familiale». La recherche d'une position qui unisse et apaise tous nos concitoyens est possible. Elle donnera un nouvel élan à notre pays car on ne peut pas dissocier le développement durable du goût de la différence et de l'engagement durable, symbolisé par cette vieille et belle institution du mariage républicain.

Pour se mettre en mouvement vers ce grand rendez-vous, les Poissons Roses proposent les questions suivantes qui ne sont bien sûr pas exclusives.

1. Plus qu'un simple droit, la parité entre les hommes et les femmes est une valeur essentielle de la République, de la vie sociale et même de l'entreprise. Est-ce aussi une richesse dont l'enfant peut profiter pour son éducation ?
2. Compte tenu du contexte de l'adoption et de l'attente de nombreux couples, les services sociaux sont-ils discriminatoires en proposant en priorité à un enfant à adopter un couple stable composé d'un homme et d'une femme ?
3. Dans le cas d'une procréation médicalement assistée pour un couple de deux femmes, est-ce légitime que l'Etat institutionnalise d'emblée le fait que des enfants soient privés de leur père ?
4. Le mariage républicain est-il une validation d'un sentiment amoureux entre deux époux ? Est-ce le rôle du législateur de s'immiscer dans l'intimité des couples ?

À bientôt et vive les Poissons Roses !

Philippe de Roux, Nestor Dosso et Chantal Hamy

http://www.poissonsroses.org/

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