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Blog de la section PS Anzin

Pour le 8 mars, Hollande a enfilé la panoplie du parfait féministe

9 Mars 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Présidentielle 2012

       

 

Pour le 8 mars, Hollande a enfilé la panoplie du parfait féministe
François Hollande à la maternité des Lilas le 8 mars 2012
François Hollande à la maternité des Lilas le 8 mars 2012 (Photo Gonzalo Fuentes. Reuters)
Par Charlotte ROTMAN envoyée spéciale aux Lilas et à Reims

Il fait des progrès. Mercredi soir à la Cigale, à un meeting organisé par les «féministes en mouvements», François Hollande avait encore besoin de ses notes. Il s'est fait chahuter par la salle quand il a parlé des «Français», en oubliant les Françaises, et évoqué l'égalité  «hommes-femmes» et non «femmes-hommes».

En ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, François Hollande ne s'est plus trompé de mots. Ni de symboles. Tout son programme a été concocté sur mesure pour englober toutes les facettes de la vie des femmes: de la naissance d'un bébé aux responsabilités en entreprise en passant par le droit à l'avortement ou la prévention du sexisme et des violences. Avec ce jeudi soir, un meeting devant 4000 personnes, à Reims, l'une des rares grandes villes de France dont le maire, Adeline Hazan, est une maire.

Chorégraphie en blouses blanches

Le candidat a commencé sa journée à la maternité des Lilas, en Seine-Saint-Denis. Un lieu emblématique du droit des femmes à disposer de leur corps et de leur liberté sexuelle, où des médecins militants pratiquaient des avortements clandestins avant même la loi Veil. A l'aise, il visite les locaux, félicite les jeunes parents à la nurserie, et discute avec le personnel. «Ça me rappelle des souvenirs», glisse-t-il, jouant le père «normal».

Alimenté par les déléguées du Planning familial, et briefé par son équipe, il annonce le lancement d'un «forfait mineure contraception». «Trop de jeunes filles ne peuvent accéder à une contraception, pour des raisons géographiques, de situation familiale ou de prévention psychologique», pose-t-il. Avec ce système, elles pourraient avoir accès à un médecin de ville et obtenir une «contraception de haut niveau». Le tout de façon anonyme et gratuite.

Devant la maternité des Lilas, un ensemble joliment chorégraphié: les blouses blanches penchées aux fenêtres ou installées sur les marches des escaliers, un comité d'accueil chaleureux de sympathisants. «Si les électrices et électeurs le décident, je reviendrai aux Lilas pour l'inauguration de la prochaine maternité.» Tabac assuré. Il mime un adieu de la main qui ressemble plus à un «à bientôt». Applaudissements. «C'était une super belle image», sourit une responsable de sa campagne. Lui en rajoute une petite louche: «Je suis encore en période de gestation, une naissance va se produire le 6 mai.»

Pour cette journée dédiée aux femmes, il a rodé quelques formules : «Nous ne voulons pas une journée dans l'année dédiée aux femmes, nous voulons que tous les jours de l'année soient consacrés à l'égalité femmes-hommes dans la République.» Il est entouré de femmes: Elisabeth Guigou, Marisol Touraine, Marie-Arlette Carlotti ou Fatima Lalem, de son pôle égalité. Ça le change. La composition très masculine de son équipe de campagne a refroidi un peu. Depuis, il essaye de rattraper ce mauvais effet: il promet un gouvernement paritaire, ainsi qu'une parité élargie aux plus hautes instances: Conseil constitutionnel, CSA... Et assure qu'il y aura un ministère des Droits des femmes. Dont l'occupant sera vraisemblablement une femme puisqu'il ne peut s'empêcher de dire «la» ministre...

A la crèche en chaussons

Il a pris soin de ne laisser de côté aucun des sujets qui tiennent à cœur aux féministes. Le manque de places en crèche? Chaussons de tissu aux pieds, lors d'une visite dans une crèche du Xe à Paris, il se montre attentif, parle «émancipation des femmes», «conciliation vie professionnelle-vie familiale», tout en refusant de s'engager sur des données chiffrées. «Je ne veux rien promettre que je ne sois capable de tenir.»

Le temps partiel, majoritairement contraint et féminin? Il veut «pénaliser» les entreprises qui y ont trop recours. La lutte contre les préjugés? Il faut s'y attaquer «dès l'école maternelle». Il a le loisir de le dire à Reims devant une exposition de photographies qui montrent un homme sage-femme, un esthéticien ou une cuviste. Les violences? Il écoute des associations dans le quartier défavorisé de la Croix-Rouge parler de mutilations sexuelles, ou de violences domestiques, et promet l'éviction du conjoint violent, et des aides pour l'accueil des femmes battues. Les femmes en responsabilité? Il rend visite à plusieurs femmes chefs d'entreprise. Celui qui déclarait hier: «Je ne suis pas né féministe, je le suis devenu», a bien révisé.

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