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Blog de la section PS Anzin

Près de 500 personnes dans la rue pour « la défense de l'école de la République et assistance à jeunesse en danger d'avenir »

18 Mars 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Education

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Place d'Armes, hier matin, ça sentait la campagne. « Le 22 avril, je vote François Hollande » et ses « 60 000 postes pour l'Éducation  »,

 

haranguait une pancarte. Le Front de gauche, lui, avait balisé le parcours avec la tronche de Mélanchon, attendu à Lille le 27 mars.

Mais on aurait tort de réduire la manifestation à une démonstration de force de la gauche - dont il faut reconnaître toutefois la capacité à mobiliser un samedi matin 448 personnes, chiffre attesté par la police. Derrière les écharpes, s'était massée une foule de parents, venus parfois avec leur petit en poussette, mais aussi des enseignants, qui n'avaient cure des messages politiques, se fichaient de savoir si l'élite, devant, allait récupérer leur colère, ils n'étaient pas là pour lui plaire, mais « pour nos enfants. On veut que ça change ! Qu'on arrête d'appauvrir l'enseignement », lâchait Isabelle Desmet, vice-présidente de l'association de parents d'élèves du lycée Couteaux. Avec 13 postes supprimés à la rentrée, « ils seront à 43 en 1ère ES l'an prochain ». « Veut-on encore que le lycée vive ?, s'interrogeait un papa à ses côtés. Le nombre d'enseignants va passer sous la barre des 50. » « On était 128 quand je suis arrivée en 1998 », témoigne Juliette Derks, prof de sciences physiques, qui dénonçait « l'extinction programmée des filières technologiques » au lycée de Saint-Amand.

Un car complet avait été affrété de la cité thermale, mais il y avait aussi des Denaisiens, des Bruaysiens... et des Marlysiens. Telles Aline et Céline, de l'APE de l'école Louise-Michel, frappée par une fermeture (comme 19 autres écoles de l'arrondissement) : « On ne va pas arrêter de se battre pour autant. On va continuer les actions, mobiliser les gens du quartier pour qu'ils inscrivent leurs enfants. » Leur espoir : un comptage en septembre qui leur permettrait de faire revenir le rectorat sur sa décision. « Notre jeunesse est en danger d'avenir ! », s'enflammait une maman. Le slogan de la Coordination a fait mouche. « L'éducation touche au coeur des gens, observait le conseiller général Aymeric Robin (PC), peu surpris par l'ampleur de la mobilisation. Les Français ont envie d'en découdre. Il y a des choses qui ne peuvent plus durer. » Alain Bocquet, le grand ordonnateur de la matinée, était, lui aussi, satisfait de la mobilisation, « pour une première ». Créée le 11 février, la Coordination du Valenciennois pour la défense de l'école de la République est amenée, à l'en croire, « à se structurer dans la durée », à mener d'autres actions. Le député-maire de Saint-Amand précisait que des élus planchaient sur la création d'un syndicat intercommunal dont la vocation serait de « développer un projet de territoire pour l'éducation dans le Valenciennois ». Il n'a pas pu en discuter avec le locataire de la sous-préfecture, où s'est disloqué le cortège. En cette période de tréteaux, Franck-Olivier Lachaud avait fait valoir son droit de réserve. Qu'à cela ne tienne, le cri de colère d'hier allait trouver sa résonance dans une motion laissée dans sa boîte aux lettres.

CÉCILE THIEBAUT

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