3 octobre.
Nous sommes donc le 3 octobre.
J'ai attendu le 3 octobre.
Parce que je me suis dit que ce n'était pas possible qu'il ne se passe rien.
Ou presque.
Qu'attendais-je ?
Comme d'autres, que les socialistes qui cumulent des mandats démissionnent comme prévu.

Comment ça vous n'étiez pas au courant ?
Alors je vais vous rafraîchir la mémoire.
Enfin aux "camarades" socialistes surtout.
Les "cumulards" du parti (je dis ça sans agressivité, ni "poujadisme", ça s'appelle comme ça) avaient jusqu'au 1er octobre pour démissionner.

C'est écrit noir sur blanc dans ce courrier du 28 août 2012 mis en ligne par Rue89

Pas de doute.

Le Bureau National du 28 août a bien souhaité inviter chaque parlementaire concerné à respecter l’engagement qu’il avait pris lors de son investiture et à démissionner au plus tard en septembre 2012 de son mandat exécutif local (municipal, départemental ou régional).
Plus haut, dans le même courrier, Martine Aubry rappelait justement que cette orientation avait été plébiscitée lors du référendum militant du 1er octobre 2009 et mise en œuvre par la convention nationale sur la rénovation du 3 juillet 2010, et qu'elle était devenue une règle commune à tous les socialistes.

C'est dire !

Mais ce n'est pas tout.
Bien avant ce courrier, il y avait eu la même promesse.
Ailleurs.
Très précisément dans la profession de foi du candidat François Hollande : "Je ferai voter une loi sur le non-cumul des mandats".

D'ailleurs, la promesse, encore beaucoup plus précise, avait évidemment émergé comme un enjeu essentiel pendant les débats pour la primaire socialiste: "Si je deviens président de la République, il y aura le vote d'une loi qui s'appliquera donc à tous les députés et tous les sénateurs. Ce sera le non-cumul du mandat parlementaire avec un mandat d'exécutif local. (...) Ce sera applicable [dès] 2012 pour le Parti socialiste."

D'ailleurs, la vidéo fait foi puisque le 12 octobre 2011, François Hollande, faisant face à Martine Aubry dans "la finale" de la primaire, l'avait martelée, cette promesse....

Ça fait toujours plus mal une vidéo : "Ça sera applicable en 2012 pour le parti socialiste" dit et répète François Hollande.

Pourtant, nous sommes le 3 octobre 2012 et il ne s'est donc quasiment rien passé: il reste plus de 200 cumulards au Parti socialiste.

Alors je sais bien que les plus roués d'entre vous vont m'expliquer qu'entre-temps, lors de son discours de politique générale, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a expliqué que la mesure prendrait effet en 2014, pour les municipales, et surtout pour tout le monde.

C'est de là que viennent ces deux ans de "rab" pour les cumulards socialistes. Au motif que ce n'est pas si simple à appliquer (organiser les transitions, voire les successions) et que tout le monde "y passera" en 2014.

Eh bien, "camarades", si c'était si compliqué que cela à mettre en œuvre, il fallait y penser avant et ne pas en faire un enjeu interne, puis dans le débat présidentiel ("Moi, Président de la République, et patati et patata...")

C'est en faisant de la politique aussi mal que cela, en ne respectant pas ses promesses répétées et martelées, que l'on dégoûte les citoyens, les électeurs et même les militants.
Qui croira encore une promesse ou une parole politique donnée ?
Pas moi.

Vous êtes choqués par le non respect de la promesse ?
Vous comprenez que les socialistes attendent 2014 ?

Discutons-en...

Le 13h de Guy Birenbaum