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Blog de la section PS Anzin

Sarkozy candidat du peuple, autant qu’il a été le président du pouvoir d’achat

4 Mars 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Présidentielle 2012

Si Nicolas Sarkozy est un animal politique redoutable lorsqu’il est en campagne, c’est de par cette incroyable faculté qu’il possède de travestir la réalité, maquillant les faits par des mots et des slogans, enfilant contre-vérités et mensonges avec une indéniable force de conviction.

C’est que pour lui faire de la politique se confond avec communiquer et communiquer se confond avec dire ce qui sert son intérêt, peu importe que cela s’approche, même un peu, d’une quelconque vérité.

Il dit : « Je vous dois la vérité. Je vous parle avec sincérité. » Mais il se moque bien de la vérité. Et il ignore ce que sincérité peut signifier.

Il dit : « François Hollande ment, matin et soir. » Mais il est celui qui ne cesse de mentir, d’enfiler les mensonges comme autant de perles sur le collier de sa conquête du pouvoir.

Le 4 février 2008, il disait en 2007, aux salariés du site ArcelorMittal de Gandrange : «L’Etat préfère investir pour moderniser le site plutôt que de payer de l’argent pour accompagner des gens soit en préretraite, soit au chômage. [...] Et je viendrai moi-même dans l’usine, je reviendrai pour annoncer la solution qu’on aura trouvée. » Aujourd’hui, l’ensemble des salariés du site a été mis en préretraite ou au chômage, et Gandrange n’est plus qu’un site industriel en friche… sur laquelle les salariés cocufiés érigèrent une stèle sur laquelle on pouvait lire : « Ici reposent les promesses de Nicolas Sarkozy faites le 4 février 2008 : ‘Avec ou sans Mittal, l’Etat investira dans Gandrange’ ».

Ce précédent n’empêche pas Nicolas Sarkozy de faire aujourd’hui la même promesse aux salariés de Lejaby :  « Je ne laisserai pas tomber les gens de Lejaby. » Mais il se moque bien du devenir de ces gens, il est seulement en campagne électorale.

En 2007, durant la campagne électorale, il avait annoncé : « Je m’engage, si je suis élu président de la République, à réunir toutes les forces politiques et à discuter avec elles de la possibilité d’introduire un peu de proportionnelle. » Il a été élu. Cette discussion n’a jamais eu lieu et cet engagement solennel n’a jamais été tenu. En 2012, après l’élection présidentielle, les élections législatives se dérouleront sans la moindre dose de proportionnelle, Nicolas Sarkozy s’étant lui-même opposé à son introduction lors de la réforme constitutionnelle de 2008, ce afin de ne pas fâcher les cadres de l’UMP.

Cela n’empêche pas Nicolas Sarkozy de prendre aujourd’hui le même engagement. Mais qui peut croire qu’une fois réélu, il le tiendrait davantage ?

Nicolas Sarkozy dit : « Je veux donner la parole au peuple. Je le consulterai chaque fois que nécessaire par référendum. » Mais depuis qu’il a été élu en 2007, il n’a pas une seule fois organisé un referendum, n’a pas même une seule fois considéré qu’il lui fallait écouter le peuple. Il avait été élu, il décidait tout seul. Qui peut croire qu’une fois réélu, il se risquerait à organiser le moindre referendum ? Cela aurait alors cessé d’être dans son intérêt politique, donc il ne le ferait pas.

Il dit : « La France forte ». Mais c’est pour mieux faire oublier que c’est lui qui a affaibli, non seulement la France, mais aussi les Français – et notamment les plus faibles d’entre eux. Faire oublier la casse du système de protection sociale, la casse du système de santé, la casse du code du travail, la casse du système de retraite, la casse de l’enseignement public… Faire oublier aussi les taxes qu’il a créées ou augmentées. Faire oublier les 500 000 emplois industriels détruits sous son mandat, et le million de chômeurs supplémentaire. Faire oublier les 700 milliards qui se sont ajoutés à la dette publique. Faire oublier la considérable recrudescence des atteintes aux biens et au personnes, et les vols avec violence. Faire oublier enfin combien par son comportement il a abaissé la fonction présidentielle… Faire oublier qu’il est, en vérité, le président d’une France affaiblie !

Il dit : « François Hollande est le candidat du système. » Mais il est lui-même ce que le système a enfanté de pire. Il est l’ami des puissants. L’ami des grands patrons et des banquiers, pour le compte de qui il gouverne, prenant soin de leurs intérêts, c’est-à-dire ceux du système. Il est celui qui le soir même de son élection est allé, en leur obligeante compagnie, diner au Fouquet’s. Celui aussi qui est allé faire retraite… sur le yacht de son grand ami Bolloré. Celui qui s’est ensuite empressé de mettre en place le bouclier fiscal et a multiplié les avantages fiscaux pour les plus riches. Celui qui a supprimé les droits de succession, par exemple, mécanisme idéal afin que le système puisse se reproduire indéfiniment. Et ce sont les mêmes qui ont financé et financent encore sa campagne électorale, ces membres du premier cercle de l’UMP – sans même évoquer Mme Bettencourt et ses valises…

Il dit enfin : « Je suis le candidat du peuple. » Mais n’avait-il pas dit qu’il serait le président du pouvoir d’achat ?!…

Nicolas Sarkozy dit toujours ce qu’il pense… que les Français veulent entendre.

Au besoin il dira ici aujourd’hui le contraire de qu’il avait dit là-bas la veille, en fonction de son auditoire. Que lui importe, il ne fait jamais ensuite que ce qui sert les intérêts de ses proches et de ses amis, les puissants, c’est-à-dire de ceux qui ont le pouvoir de l’argent et qui entendent le garder. Ceux dont il est en réalité le pantin.

Car Nicolas Sarkozy, finalement, ne respecte rien d’autre que cela, le pouvoir de l’argent, le pouvoir bling bling d’une Rolex. Bien plus en tout cas qu’il ne respecte ses propres promesses, c’est-à-dire les électeurs. C’est-à-dire le peuple.

Et s’il veut encore être président, c’est dans le but de pouvoir se dire qu’il habite un palais et qu’il côtoie les grands de ce monde. Le peuple, ce n’est pour lui qu’un instrument, un marche-pied pour son ambition, son insatiable rêve de grandeur.

Sans doute Nicolas Sarkozy aime-t-il la France, ou du moins sa France. Mais le peuple ? Non, il n’a pour lui que mépris.

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