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Blog de la section PS Anzin

Jean-Louis Borloo, l'éternel espoir qui finit toujours par décevoir

24 Octobre 2012 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Politique

 Jean-Louis Borloo, l'éternel espoir qui finit toujours par décevoir

 

L'Union des démocrates et indépendants, (UDI) lancée par Jean-Louis Borloo dimanche, se veut une formation politique de centre-droit. Son chef de file, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, avait juré à notre chroniqueur politique Olivier Picard qu'il arrêterait la politique au bout de dix ans lorsqu'il était maire de Valenciennes.

Ce nouveau parti prouve qu'il n'a pas tenu parole, et qu'il aurait peut-être dû.

Édité par Mélissa Bounoua

Jean-Louis Borloo lors du lancement de l'UDI à la Mutualité à Paris le 22 octobre 2012 (P.KOVARICK/AFP)

 Jean-Louis Borloo lors du lancement de l'UDI à la Mutualité à Paris le 22 octobre 2012 (P.KOVARICK/AFP)

 

C'était une nuit de janvier... 1992 à Valenciennes. Sur la façade renaissance du monumental hôtel de ville, déserté à cette heure tardive, il ne restait plus qu'une seule lueur défiant les ténèbres de l'hiver glacial. La fenêtre du bureau de Jean-Louis Borloo, le jeune maire vibrionnant de la cité. La métaphore d'une solitude éclairée pour un homme qui avait choisi de défier, au culot, les ombres de la crise industrielle noyant la capitale du Hainaut.

 Brillant et inventif, le personnage tranchait déjà dans le paysage politique fossilisé de ce Nord-Pas-de-Calais tenu depuis des lustres par une oligarchie socialiste qu'il avait entrepris de bousculer pour prendre la région à la hussarde. Sa chevelure en bataille n'était pas le symbole du manque de soin qu'analystes et caricaturistes lui reprochent un peu trop facilement aujourd'hui, comme on entartre. Elle résumait, plutôt drôlement, l'énergie qui l'habitait, et une philosophie alternative parfaitement en décalage avec l'état d'esprit de ses collègues hantés par l'idée de durer.

 Lui, se l'était juré : il serait éphémère. C'était catégorique: "Je ferai dix ans en politique, et pas un de plus."

Valenciennes semble loin

Au nom d'une fort commode solidarité gouvernementale, il ne trouva rien à redire à la création du ministère de l'Immigration, ni aux discours directs ou indirects du président sur le sujet, en contradiction flagrante avec ses propres convictions pourtant. Même les outrances inacceptables de Grenoble ne lui inspirèrent aucune intervention, fut-elle même simplement corrective. Et où était l'initiateur du Grenelle de l'environnement – à la pêche ? – quand, trois ans plus tard, le chef de l'État péremptoire estima que l'environnement "ça commenç[ait] à bien faire" ?

Il méditait sans doute sur Matignon...

L'ancien scout croit peut être au ciel, mais il est seulement un de ces fils de pub des années 80. Excellent vendeur, bourré d'idées, de slogans et d'arguments, mais piètre agent d'après-vente, une dimension qui l'intéresse peu, sauf, c'est vrai, à Valenciennes.

 Mais Valenciennes est déjà loin dans le rétroviseur, même si ce label est systématiquement revendiqué par son ancien maire.

 Borloo a ceci de commun avec son ami Bernard Tapie (dont il fut l'avocat) : ce sont de formidable camelots dotés l'un et l'autre d'une espèce de générosité (oui générosité) dans le concept de base qui s'émiette dans la réalisation, comme cette politique de la ville, inachevée et frustrante, ou ce ministère de l'Écologie, abandonné sans armes pour résister aux enjeux à court terme de la crise.

Alors les centristes qui s'enthousiasment sur leur nouveau chef feraient bien de se méfier. Il les a déjà trahis plusieurs fois au nom d'un intérêt supérieur : le sien. Ses partisans sont bien indulgents envers celui qui les a abandonnés en rase campagne présidentielle. Si Borloo a réussi l'exploit de fédérer les parlementaires dans un mouvement unique, l'opinion – les vrais gens – se méfie instinctivement de cet acteur qui n'a plus d'original que l'étiquette, ce magnifique VRP aux cartes multiples qui finit toujours par privilégier celle qui l'arrange, et par jeter les autres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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