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Blog de la section PS Anzin

Déficit à 3% en 2015: Une victoire discrète de la France

4 Mai 2013 , Rédigé par José Pressoir Publié dans #Europe

Déficit à 3% en 2015:      Une victoire discrète de la France

   20 minutes.fr

UNION EUROPÉENNE - La Commission européenne donné à la France deux ans de délais pour arriver sous les 3% de déficit, comme le souhaitait Hollande, vu le contexte économique...

Au moins une bonne nouvelle pour l’Elysée à quelques jours du premier anniversaire du quinquennat. Bruxelles a décidé ce vendredi de laisser à la France un délai de deux ans – 2015 – pour repasser sous la barre des 3% de déficit. Une décision «raisonnable», selon la Commission européenne «étant donné la situation économique».

«C'est une nouvelle importante, parce qu'elle vient consacrer ce que la France a demandé depuis un an, c'est-à-dire que l'on mette la croissance au premier rang de nos priorités», s’est réjoui ce vendredi François Hollande devant des responsables et des élus locaux, en déplacement dans le Doubs. Une petite victoire pour la délégation française qui plaide depuis de longs mois en coulisses pour desserrer l’étau des 3% qui risque de compromettre le retour d’une fragile croissance, sans pouvoir le dire haut et fort, au risque d’entacher la crédibilité budgétaire qu’elle s’échine à démontrer depuis juin dernier.

Pas de gagnant ni de perdant?

Diplomatiquement, Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget et ex-ministre des Affaires européennes se défend de toute victoire de la France sur l’Allemagne. «C’est le réalisme, le pragmatisme et l’Europe qui a gagné», analyse le ministre pour 20 Minutes alors que cette nouvelle vient froisser l’orthodoxie budgétaire d’Angela Merkel. «Il n’est pas question de défaite ou de victoire. Il y a un moteur franco-allemand, la France a besoin de l’Allemagne, l’Allemagne a besoin de la France. Tous les acteurs sont liés et donc tous les acteurs sont gagnants», assure-t-on encore à l’Elysée.

Alors comment expliquer cette décision? «Il y a eu une prise de conscience à la Commission qu’il faut faire le nécessaire pour retrouver la croissance et ne pas la rendre impossible, tout en continuant la stratégie indispensable de baisse des déficit et surtout de réformes structurelles», explique Bernard Cazeneuve. «Il n’y a aucune chance de sortir de la crise s’il n’y a pas un rétablissement des comptes, la France compte rester dans cette voie, mais il faut maintenir les conditions de la croissance», insiste-t-il, avalisant en creux l’analyse de ceux qui estiment que le «dogme des 3%» pouvait tuer la croissance dans l’œuf.

En tout cas, cette décision, dont se «félicite» Bercy, «prouve que le dialogue avec la Commission européenne vaut mieux que la rupture et le bras de fer que certains prônent», ajoute Bernard Cazeneuve. Il avance aussi que «le sérieux budgétaire» démontré par la France, qui lui a donné la «crédibilité» a permis ce dialogue qui abouti à «cet équilibre».

L’exemple de la Grèce et de l’Espagne

Pour le ministre du Budget, la Commission européenne a également compris «l’impuissance d’une politique qui demande un rétablissement des comptes en ne se fondant que sur des déficits nominaux, sans se préoccuper de la forte hausse du chômage des jeunes, par exemple», ce qui ouvre un «risque politique» dans l’Union européenne (UE). A l’Elysée, on estime que la situation sociale explosive en Italie et en Espagne, a pu forcer la main de la Commission européenne. «L’UE a pris conscience que la rigueur budgétaire ne doit pas aboutir à l’austérité».

Toutefois, cette décision est loin d’être un blanc-seing ni un bulletin de félicitations à la France puisque Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques qui a annoncé la décision se vendredi, a tapé sur le doigt du gouvernement français et de ses prévisions «excessivement optimistes» (croissance de 0,1% quand Bruxelles prévoit une récession de 0,1% en 2013, par exemple) et demande à Paris «des efforts beaucoup plus importants et urgents». «Les deux ans accordés par Bruxelles attestent de l’ensemble des efforts engagés par la France. Et on va continuer dans cette voie. On va approfondir les réformes structurelles», promet-on à l’Elysée.

Maud Pierron

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